Home SantéLa protéine SP-D, un médiateur possible de l’effet du tabac sur le diabète de type 2

La protéine SP-D, un médiateur possible de l’effet du tabac sur le diabète de type 2

by Sophie Martin

Publié le 21 novembre 2025. Une étude menée auprès d’une large cohorte de la population espagnole révèle un lien significatif entre le tabagisme et le risque de développer un diabète de type 2, impliquant une protéine spécifique présente dans les poumons.

  • Les fumeurs présentent des niveaux plus élevés de protéine tensioactive D (SP-D), en corrélation avec leur consommation de tabac.
  • Le tabagisme et des niveaux élevés de SP-D sont associés indépendamment à un risque accru de diabète de type 2.
  • L’étude suggère que la SP-D pourrait jouer un rôle clé dans les mécanismes reliant le tabagisme au diabète.

Des chercheurs du CIBER (Centro de Investigación Biomédica en Red) ont mis en évidence le rôle potentiel de la protéine tensioactive D (SP-D) dans la relation entre le tabagisme et le développement du diabète sucré de type 2 (DT2) chez les adultes espagnols. Les travaux, publiés dans le Journal of Xenobiotics, analysent si cette protéine immunitaire, libérée dans le sang en cas de lésion pulmonaire, pourrait agir comme un médiateur des effets néfastes du tabac et/ou de l’exposition aux polluants atmosphériques sur la santé métabolique.

L’étude s’est appuyée sur les données de 2 155 participants à la cohorte étude, incluant des informations sociodémographiques, cliniques et sur le mode de vie, notamment la consommation de tabac et l’exposition aux polluants environnementaux. L’exposition aux polluants a été estimée à partir des concentrations annuelles de particules10, MP2.5 (particules fines), dioxyde de soufre (SO₂), monoxyde de carbone (CO) et dioxyde d’azote (NO₂) en fonction du lieu de résidence des participants. Les niveaux de SP-D dans le sérum ont été mesurés et classés en fonction du 25e percentile. Le diagnostic de DT2 a été évalué au début de l’étude pour identifier les personnes à risque, puis après 7,5 ans de suivi pour étudier l’association avec les niveaux de SP-D.

Les résultats indiquent que les fumeurs présentaient des niveaux de SP-D significativement plus élevés, avec une corrélation directe observée entre le nombre de cigarettes consommées, la durée de l’habitude de fumer et les concentrations de cette protéine. En revanche, aucune association significative n’a été constatée entre la majorité des polluants atmosphériques (PM10, MP2.5, SO₂ et CO) et les niveaux de SP-D, bien que certaines différences aient été relevées concernant le NO₂.

Bien qu’aucune relation directe n’ait été identifiée entre l’exposition aux polluants environnementaux et le risque de développer un DT2 dans cette cohorte, le tabagisme et des niveaux élevés de SP-D ont été associés indépendamment à un risque accru de maladie après la période de suivi. L’analyse a révélé que la SP-D intervient à hauteur de 14 % dans l’effet du tabagisme sur l’incidence du DT2 chez les adultes.

« Ces résultats suggèrent que le SP-D pourrait jouer un rôle important dans les mécanismes reliant le tabagisme à un risque plus élevé de diabète de type 2. »

Équipe de recherche

Les chercheurs soulignent que ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles études visant à mieux comprendre les interactions complexes entre les facteurs pulmonaires, environnementaux et métaboliques. Les travaux, menés avec la participation de l’Institut de recherche biomédicale et de la plateforme de nanomédecine de Malaga (plateforme IBIMA BIONAND) et de l’université de Malaga, contribuent à une vision plus intégrée de l’impact du tabagisme sur la santé métabolique et pourraient mener à des stratégies de prévention plus ciblées.

Référence de l’article :

Oula-bachiri, W.; Lago-Sampet, A.; García-Escobar, E.; Maldonado-Araque, C.; Doulatram-Amaggaram, V.; García-Vicanco, M.; Martín-Llortente, F.; Garrido, J.L.; Delgado, E.; Chaves, F.J. et coll. La protéine tensioactive D médie l’association entre le tabagisme et l’incidence du diabète sucré de type 2 dans la population adulte espagnole. J. Xenobiot. 2025, 15, 184. https://doi.org/10.3390/jox15060184

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