Les taux d’intérêt dans la zone euro semblent moins sensibles à l’effervescence du marché boursier liée à l’intelligence artificielle qu’à l’évolution de la situation économique globale. Cette déconnexion pourrait limiter l’efficacité des obligations d’État allemandes (Bunds) comme refuge en cas de forte baisse des actions.
La résistance des taux de la zone euro face aux fluctuations boursières a été particulièrement notable ces derniers jours, avec la plus forte variation intrajournalière enregistrée depuis le Jour de la Libération. Cette faible corrélation entre les marchés obligataires et actions pourrait se maintenir, car les taux d’intérêt sont davantage influencés par les fondamentaux macroéconomiques.
Les indicateurs économiques de la zone euro suggèrent une amélioration progressive, et les anticipations de nouvelles mesures de relance budgétaire contribuent à réduire le risque d’une récession. Cette perspective plus favorable a permis au taux swap à 10 ans de gagner 10 points de base, alors que l’indice boursier a cédé 5 % avant la publication des résultats de Nvidia (NASDAQ:).
Sur les trois derniers mois, la corrélation entre les actions et les Bunds est même légèrement positive. Le maintien des taux à un niveau élevé pourrait entraîner une plus grande volatilité des marchés boursiers. Par conséquent, les taux de l’euro pourraient ne pas constituer un rempart efficace contre une vente massive d’actions à l’échelle mondiale.
Un événement déclencheur d’aversion au risque, comme des résultats décevants dans le domaine de l’IA, pourrait entraîner une baisse initiale des taux, mais il est peu probable qu’il modifie les perspectives macroéconomiques structurelles. L’économie de la zone euro ne dépend pas du succès de l’IA pour poursuivre sa croissance. À moins que des problèmes de stabilité financière ne surviennent, il est peu probable que la Banque centrale européenne (BCE) soit contrainte de réduire davantage ses taux, même en cas de correction boursière.
De plus, les ménages de la zone euro sont généralement moins exposés aux fluctuations des marchés boursiers que leurs homologues américains.
Ce vendredi, la zone euro publiera une estimation provisoire de l’indice de confiance des consommateurs pour le mois de novembre, qui devrait confirmer une croissance lente mais résiliente. L’indicateur de croissance des salaires négociés pour le troisième trimestre sera également publié, avec des prévisions de ralentissement à 2,45 % contre 3,98 % précédemment. La journée sera également marquée par les interventions de plusieurs responsables de la BCE, dont la présidente Christine Lagarde, Luis de Guindos, Joachim Nagel, Martin Kocher et Madis Müller.
Aux États-Unis, l’indice S&P sera également publié, bien qu’il ait moins d’impact que les indices ISM correspondants. L’Université du Michigan publiera également les résultats définitifs de son enquête de confiance des consommateurs pour le mois de novembre, qui avaient précédemment révélé des perspectives pessimistes sur le marché du travail.
Les déclarations des responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) resteront également au centre de l’attention, en l’absence de publications de données économiques majeures avant la prochaine réunion de la banque centrale. Après la clôture des marchés vendredi, l’attention se portera sur une éventuelle révision de la notation souveraine de l’Italie par l’agence Moody’s, qui la note actuellement Baa3/Positive, soit deux échelons au-dessus de la catégorie spéculative.