Publié le 22 novembre 2023 17:45. Un test crucial du premier propulseur de nouvelle génération du vaisseau Starship de SpaceX a subi des dommages importants, soulevant des interrogations sur le calendrier de développement de ce véhicule spatial ambitieux, essentiel aux projets d’exploration lunaire de la NASA.
- Le propulseur Super Heavy, désigné Booster 18, a été endommagé lors d’un test de pression au sol au Texas.
- Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’incident pourrait retarder le lancement de la version 3 de Starship, initialement prévu début 2024.
- Cet événement intervient alors que la NASA évalue les options pour son programme Artemis, dont Starship est un élément clé pour l’alunissage.
L’anomalie s’est produite le 21 novembre sur le site de test de SpaceX, près de la base stellaire de l’entreprise au Texas. Selon des images diffusées, la partie inférieure du Booster 18 a semblé céder lors d’un test de pression du système de gaz, avant les essais de résistance structurelle. Bien que le propulseur soit resté debout, des dégâts structurels ont été constatés.
SpaceX a confirmé l’incident dans un communiqué, précisant qu’aucun propulseur n’était chargé en carburant et qu’aucun moteur n’était installé au moment des faits.
« Le Booster 18 a subi une anomalie lors des tests de pression du système de gaz que nous effectuions avant les tests de résistance structurelle. »
SpaceX
L’entreprise a indiqué que ses équipes enquêtent pour déterminer la cause de l’incident.
Le Booster 18 représente une avancée significative dans le développement de Starship. Il s’agit du premier Super Heavy construit selon la version 3, qui intègre des améliorations notables, notamment une conduite de transfert de carburant de taille similaire à celle d’un booster Falcon 9 (environ 1,8 m de diamètre), un anneau d’étagement chaud intégré, l’utilisation de trois ailettes de grille au lieu de quatre pour la rentrée atmosphérique, et des moteurs Raptor améliorés.
Ces améliorations sont cruciales pour les ambitions de SpaceX, qui vise à utiliser Starship pour lancer des satellites Starlink de plus grande taille et à soutenir le programme Artemis de la NASA, qui prévoit de renvoyer des astronautes sur la Lune. SpaceX est actuellement sous contrat pour fournir un atterrisseur lunaire basé sur Starship pour la mission Artemis 3, officiellement prévue pour 2027.
Récemment, Kiko Dontchev, vice-président du lancement chez SpaceX, s’était montré optimiste quant au lancement prochain de la version 3.
« Nous sommes désormais très concentrés sur la fusée version 3 qui sera lancée au début de l’année prochaine. Ce sera vraiment notre fusée de production. »
Kiko Dontchev, vice-président du lancement chez SpaceX
Il avait également souligné l’importance d’une approche pragmatique des tests, acceptant les échecs comme une opportunité d’apprentissage.
« Tant que nous échouons d’une manière qui ne blesse jamais personne ou qui ne nous fait pas reculer considérablement, il est acceptable d’apprendre grâce aux tests. »
Kiko Dontchev, vice-président du lancement chez SpaceX
Cet incident pourrait exercer une pression supplémentaire sur la NASA pour réévaluer ses plans d’alunissage. L’agence spatiale américaine avait déjà exprimé des inquiétudes quant aux retards accumulés par SpaceX. Le 20 octobre, l’administrateur par intérim de la NASA, Sean Duffy, avait annoncé qu’il « ouvrirait » le contrat de l’atterrisseur Artemis 3, invitant SpaceX et Blue Origin à présenter des plans d’accélération. Déclaration de Sean Duffy
SpaceX avait répondu en proposant à la NASA une architecture « simplifiée » pour Artemis 3, susceptible d’accélérer le calendrier, sans toutefois divulguer de détails techniques. Proposition de SpaceX à la NASA L’entreprise continue d’affirmer que Starship reste le moyen le plus rapide de ramener des humains sur la Lune.
SpaceX prévoit, à terme, de mettre en orbite un vaisseau Starship V3 pour des tests prolongés, puis de lancer un autre pour s’amarrer avec lui et démontrer le transfert de carburant dans l’espace, une technologie essentielle pour l’architecture globale du vaisseau spatial. Ces tests sont actuellement prévus pour 2026.
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