Publié le 2024-02-29. Une équipe de chercheurs a mis au point une méthode innovante pour améliorer la production de riz tout en réduisant l’utilisation d’engrais et l’impact environnemental de sa culture, une avancée potentielle pour la sécurité alimentaire mondiale.
- Le riz, aliment de base pour plus de la moitié de la population mondiale, est souvent cultivé avec des pratiques agricoles polluantes.
- L’application nanométrique de sélénium, un nutriment essentiel, permet d’augmenter les rendements et de diminuer la quantité d’engrais nécessaire.
- Cette technique pourrait réduire significativement la pollution liée à la riziculture et améliorer la qualité nutritionnelle du riz.
La riziculture, bien qu’essentielle pour nourrir une part considérable de l’humanité, est une source importante de pollution. L’utilisation intensive d’engrais azotés, nécessaire pour obtenir des rendements élevés, entraîne un rejet massif de nutriments dans les cours d’eau et contribue aux émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre. Face à ces défis, des scientifiques explorent de nouvelles voies pour rendre la production de riz plus durable.
Des chercheurs de l’Université du Massachusetts à Amherst et de l’Université Jiangnan en Chine ont découvert que l’application de sélénium à l’échelle nanométrique pourrait être une solution prometteuse. Le sélénium, un oligo-élément vital pour les plantes et les humains, permettrait de renforcer le riz et d’améliorer sa valeur nutritionnelle tout en diminuant le besoin en engrais chimiques. Leur étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, démontre que ce traitement simple peut à la fois augmenter les récoltes et réduire la pollution des sols.
« La Révolution verte a considérablement augmenté la production agricole au milieu du siècle dernier », explique Baoshan Xing, professeur à l’UMass Amherst et co-auteur principal de l’étude dans un communiqué de presse. « Mais cette révolution atteint ses limites. Nous devons trouver un moyen de la relancer et de la rendre viable. »
Les tests sur le terrain ont révélé que l’application de faibles doses de sélénium directement sur les feuilles et les tiges du riz, à l’aide de drones, augmentait la photosynthèse des plantes de plus de 40 %. Ce processus favorisait l’absorption du dioxyde de carbone et le développement de racines plus profondes et plus saines. Ces racines, à leur tour, accueillaient des micro-organismes bénéfiques qui aidaient les plantes à extraire davantage d’azote du sol, améliorant ainsi l’efficacité de l’utilisation des nutriments et réduisant d’environ un tiers la quantité d’engrais nécessaire.
Les résultats sont encourageants : le riz ainsi cultivé présentait une teneur plus élevée en protéines et en acides aminés essentiels, tout en générant jusqu’à 45 % moins de pollution. De plus, les agriculteurs ont constaté une augmentation de leurs bénéfices de près de 40 % par tonne de céréales par rapport aux méthodes agricoles conventionnelles.
La culture du riz est responsable jusqu’à 20 % de l’utilisation mondiale d’engrais azotés, une grande partie de ces engrais finissant par contaminer les rivières et les océans. Les chercheurs estiment que leur approche pourrait contribuer à réduire cette pollution et à nourrir une population mondiale en croissance en optimisant l’utilisation des nutriments par le riz.
Si cette méthode est largement adoptée, les agriculteurs pourraient bientôt cultiver un riz plus respectueux de l’environnement et bénéfique pour les populations qui en dépendent.
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