Publié le 23 novembre 2025 à 22h04. Israël semble s’orienter vers une stratégie de contrôle à long terme de la bande de Gaza, marquée par des violations continues du cessez-le-feu et une division territoriale croissante, rappelant le modèle observé au Liban.
- Israël est accusé de violer systématiquement le cessez-le-feu en vigueur, avec plus de 500 violations et plus de 1 000 victimes en un mois.
- Une division de la bande de Gaza se dessine, avec une zone orientale sous contrôle israélien (« Gaza verte ») et une zone occidentale sous contrôle du Hamas (« Gaza rouge »).
- L’absence d’une stratégie palestinienne unifiée face à ces évolutions est soulignée, avec des inquiétudes quant à la mise en œuvre du plan Trump.
Les tensions persistent à Gaza, alors qu’Israël poursuit une politique de frappes ciblées contre les dirigeants du Hamas, tout en consolidant son emprise sur une partie croissante du territoire. Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal et Haaretz, une ligne de démarcation, surnommée « ligne jaune », divise désormais la bande de Gaza en deux zones distinctes. La partie orientale, qualifiée de « Gaza verte », est sous contrôle israélien, tandis que la partie occidentale, baptisée « Gaza rouge », reste sous l’autorité du Hamas.
Les violations du cessez-le-feu se multiplient, avec 27 incidents recensés samedi dernier seulement. Ces violations ont entraîné de nombreuses victimes, portant le bilan total à plus de 1 000 blessés et morts depuis l’entrée en vigueur de l’accord il y a un mois. Ces actions israéliennes sont perçues comme une tentative d’imposer un modèle similaire à celui appliqué au Liban, axé sur l’élimination des cadres du Hamas et le maintien d’un contrôle sécuritaire étroit.
Au-delà de cette stratégie de répression, Israël explore d’autres options, notamment l’extension de la « ligne jaune » vers l’ouest, ce qui lui permettrait de contrôler environ les deux tiers de la bande de Gaza. Parallèlement, des plans américains de reconstruction sont envisagés dans la zone orientale sous contrôle israélien, tandis que la zone occidentale, dévastée, resterait sous la responsabilité du Hamas. Cette approche soulève des inquiétudes quant à une division permanente du territoire palestinien.
L’absence d’une stratégie palestinienne coordonnée est un point de faiblesse majeur. Les observateurs soulignent que le plan Trump, légitimé par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, pourrait s’imposer faute d’une alternative viable. La nécessité d’un accord palestinien pour faire face à ces nouvelles réalités est cruciale, mais les divisions internes et l’incapacité de l’Autorité palestinienne à Ramallah à assumer pleinement ses responsabilités compliquent la situation.
Israël a également transféré les responsabilités de coordination de l’aide humanitaire à Gaza au centre militaire civil américain situé dans la colonie de Kiryat Gat, construite sur les ruines de la ville palestinienne de Faluja. Cette décision témoigne d’une volonté d’accroître la tutelle étrangère sur Gaza et de favoriser les projets américains de reconstruction dans la zone orientale.
Le scénario envisagé prévoit une reconstruction limitée dans la « Gaza verte », avec la construction de logements temporaires et d’infrastructures de base, afin d’encourager les Palestiniens à s’y installer depuis la « Gaza rouge ». Cette approche pourrait conduire à un déplacement de population et à une fragmentation accrue du territoire palestinien. Les inquiétudes grandissent quant à la possibilité que ces évolutions conduisent à une transformation de la « ligne jaune » en frontière permanente, engloutissant ainsi les deux tiers de la bande de Gaza.
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