Publié le 24 novembre 2025 06:37:00. Des villages côtiers indonésiens voient leurs moyens de subsistance menacés par la pollution causée par l’exploitation du nickel, malgré les sanctions gouvernementales infligées à l’entreprise responsable. L’inaction face aux violations environnementales suscite l’inquiétude des populations locales et des organisations non gouvernementales.
- Le complexe industriel IMIP (Indonesia Morowali Industrial Park) est accusé de polluer l’air et la mer, affectant la pêche et la santé des habitants.
- Le ministère indonésien de l’Environnement a identifié de multiples infractions, notamment des dépôts illégaux de déchets (environ 12 millions de tonnes métriques) et une extension non autorisée du site sur 1 800 hectares.
- Malgré des sanctions administratives annoncées, les villageois et les ONG signalent un manque de suivi concret et d’informations sur leur mise en œuvre.
Dans la région de Morowali, sur l’île de Sulawesi, les communautés côtières subissent de plein fouet les conséquences de l’essor de l’industrie du nickel. Un habitant de Kurisa témoigne de l’écoulement de déchets chauds et acides provenant de l’IMIP vers la mer, rendant les eaux impropres à la pêche. Cette pollution a privé les pêcheurs de leurs revenus, les contraignant à se tourner vers la collecte de déchets plastiques pour survivre.
La pollution ne se limite pas à l’eau. Les villageois sont également exposés à la pollution atmosphérique émanant des centrales à charbon qui alimentent les opérations de l’IMIP. En juin dernier, le ministère indonésien de l’Environnement a révélé avoir constaté de multiples violations environnementales au sein du complexe. Outre la pollution de l’air, l’inspection a mis en évidence l’existence d’environ 12 millions de tonnes métriques de dépôts illégaux de résidus. De plus, 1 800 hectares de terrains n’étaient pas inclus dans la déclaration d’impact environnemental initiale de l’entreprise et étaient utilisés pour des activités non autorisées.
Le ministère a annoncé qu’il imposerait des sanctions administratives à PT IMIP (PT Indonesia Morowali Industrial Park). Cependant, plusieurs mois après cette annonce, les habitants et les organisations de surveillance affirment ne pas avoir été informés des sanctions ni de leur application effective. Ils déplorent un manque de transparence et d’action concrète.
Contactés par Dialogue Earth, Elyta Gawi, responsable de l’agence environnementale de Morowali, Irawan du ministère de l’Environnement, et Kurniawan de PT IMIP n’ont pas répondu aux sollicitations concernant les mesures de suivi envisagées. En juin, Kurniawan avait déclaré que PT IMIP avait soumis un rapport d’évaluation de l’impact environnemental pour les 1 800 hectares contestés dès 2023. Il avait également affirmé que l’entreprise et ses locataires surveillaient la qualité de l’air en temps réel et avaient installé des technologies pour réduire les émissions issues des activités de fusion.
La situation soulève des questions sur l’efficacité des réglementations environnementales en Indonésie et sur la capacité du gouvernement à faire respecter ses propres lois face à l’essor rapide de l’industrie du nickel, cruciale pour la transition énergétique mondiale.