Publié le 24 novembre 2023 09h33. L’ancien avocat de la Maison Blanche, Ty Cobb, accuse le président Donald Trump de chercher à déstabiliser les institutions démocratiques américaines en attaquant le système judiciaire, alors que les frappes américaines contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes et le Pacifique suscitent des inquiétudes quant à leur légalité et à leurs motivations géopolitiques.
- Ty Cobb estime que la Constitution américaine est mal équipée pour faire face à un président qu’il qualifie de « malveillant » et avide de pouvoir.
- Les États-Unis ont déployé un important dispositif militaire dans la région, notamment le plus grand porte-avions du monde, dans le cadre d’une opération visant à contrer les cartels de la drogue et à exercer une pression sur le gouvernement vénézuélien.
- Les frappes américaines contre des bateaux de drogue présumés, qui ont fait au moins 83 morts, sont considérées par certains comme des violations du droit international.
L’ancien avocat de la Maison Blanche, Ty Cobb, a exprimé de vives inquiétudes quant aux attaques répétées du président Donald Trump contre le système judiciaire américain. Selon lui, ces attaques visent à « affaiblir l’un des derniers piliers qui lui tiennent tête ». Cobb, qui a occupé un rôle clé au sein de l’administration Trump pendant son premier mandat, souligne que ces agissements sont perçus par de nombreux Américains comme un abus de pouvoir « sans précédent ».
Dans une interview diffusée dimanche, Cobb a déclaré :
« La principale préoccupation est toujours son recours à la violence et à l’autoritarisme. »
Ty Cobb, ancien avocat de la Maison Blanche
Il a également cité le déploiement de la Garde nationale comme un exemple de comportement autoritaire, ajoutant :
« Jamais auparavant dans l’histoire américaine, je ne pense, la plupart des Américains n’ont été aussi préoccupés par leur président et son narcissisme dément le conduisant à la vengeance et à la violence. »
Ty Cobb, ancien avocat de la Maison Blanche
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis ont intensifié leurs opérations militaires dans les Caraïbes et le Pacifique, en ciblant des navires soupçonnés de trafic de drogue. Depuis début septembre, ces frappes ont entraîné la mort d’au moins 83 personnes. L’administration Trump justifie ces actions en invoquant son autorité de commandant en chef et en qualifiant les cibles d’ « organisations terroristes désignées ».
Pour renforcer sa position, Washington a déployé le USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, et son groupe d’attaque dans la mer des Caraïbes. Ce déploiement est perçu comme une tentative d’exercer une pression accrue sur Nicolás Maduro, le leader socialiste vénézuélien, que les États-Unis accusent de diriger un cartel de la drogue – une accusation que Maduro nie fermement. Le renforcement militaire dans la région est donc interprété comme une démonstration de force visant à déstabiliser le régime de Caracas.
Cobb va plus loin en affirmant que les actions de l’administration Trump pourraient constituer des crimes de guerre, notamment au Venezuela et en Colombie. Il met en garde contre les « abus de pouvoir sans précédent » et souligne que les militaires et les juges ne sont pas tenus de suivre des ordres illégaux.
« Il ne fait aucun doute, au regard du droit international et du droit national, que ce qui se passe dans ces pays est un meurtre. »
Ty Cobb, ancien avocat de la Maison Blanche
Il souligne que, contrairement à la manière dont ces individus seraient traités s’ils étaient appréhendés aux États-Unis, ils sont tués sur place.
Tommy Pigott, porte-parole du Département d’État, a défendu les opérations américaines, affirmant que les États-Unis sont engagés dans une lutte contre les cartels de la drogue pour sécuriser la frontière et arrêter le flux de drogues illicites. Il a également dénoncé Nicolás Maduro, le qualifiant de « fugitif de la justice américaine » qui menace la sécurité régionale.
Le Pentagone, par la voix de son porte-parole Sean Parnell, a affirmé que les opérations menées dans les Caraïbes sont légales et conformes au droit américain et international, ainsi qu’au droit des conflits armés.
De son côté, Nicolás Maduro a appelé à la paix, s’exprimant en anglais lors d’une réunion à Caracas :
« Oui, la paix, oui la paix pour toujours. Pas de guerre folle, s’il vous plaît ! »
Nicolás Maduro, président vénézuélien
L’administration américaine devrait officialiser lundi la désignation de l’entreprise vénézuélienne Affiche des Soleils comme organisation terroriste étrangère. Cette décision pourrait ouvrir la voie à de nouvelles frappes américaines contre le Venezuela.
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