Home MondeLe Cabinet du premier ministre et l’ASFC déclarent qu’ils n’ont pas participé à l’annonce de l’interdiction d’entrée sur les rotules – National

Le Cabinet du premier ministre et l’ASFC déclarent qu’ils n’ont pas participé à l’annonce de l’interdiction d’entrée sur les rotules – National

by Clara Dubois

Polémique autour de l’interdiction du groupe de hip-hop Kneecap : Ottawa se dédouane

Ottawa – L’annonce surprise, le mois dernier, par le secrétaire parlementaire Vince Gasparro d’une interdiction d’entrée au Canada pour le groupe de hip-hop irlandais Kneecap, continue de susciter la controverse et soulève des questions sur les processus décisionnels au sein du gouvernement fédéral. Selon des documents récemment déposés, ni le Cabinet du Premier ministre, ni l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) n’ont été impliqués ou consultés avant l’annonce de M. Gasparro.

Le député libéral de la circonscription d’Eglinton—Lawrence avait déclaré le 19 septembre, via une vidéo diffusée sur X (anciennement Twitter), que Kneecap avait « prôné la violence politique » et « glorifié des organisations terroristes », justifiant ainsi une décision gouvernementale de les juger inéligibles à entrer au pays.

Cependant, l’ASFC a affirmé qu’elle n’avait reçu aucune demande de consultation concernant cette affaire. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a précisé que l’agence serait chargée de faire appliquer une telle interdiction. Le Cabinet du Premier ministre a également démenti toute implication dans la décision de M. Gasparro de rendre publique cette information.

La députée néo-démocrate Jenny Kwan, qui a soulevé la question à la Chambre des communes, exprime son incompréhension face au manque de clarté. “Qui sont les responsables qui ont donné à M. Gasparro ces informations ? Qui l’a autorisé à faire cette annonce ? Les questions restent sans réponse”, a-t-elle déclaré à Global News. Le bureau de M. Gasparro s’est contenté de renvoyer aux déclarations d’IRCC.

Les documents d’IRCC révèlent qu’un membre du groupe, Liam Óg Ó hAnnaidh, s’est vu annuler son autorisation de voyage électronique (AVE) en août, un mois avant l’annonce de M. Gasparro. Toutefois, cette annulation ne l’empêche pas de soumettre une nouvelle demande. L’IRCC n’a pas fait mention des accusations criminelles abandonnées au Royaume-Uni concernant M. Ó hAnnaidh, accusations que M. Gasparro avait spécifiquement invoquées pour justifier l’interdiction.

Les demandes d’AVE des deux autres membres du groupe, John James Ó Dochartaigh et Naoise Ó Cairealláin, sont actuellement en cours d’examen. Ils ont été informés en septembre de ne pas voyager au Canada tant qu’ils n’auraient pas reçu de nouvelles instructions d’IRCC.

L’opposition conservatrice n’a pas tardé à réagir. La chef adjointe Melissa Lantsman a accusé M. Gasparro de mentir ou d’être ignorant de ce qui se passe au sein de son propre gouvernement, allant jusqu’à suggérer qu’il devrait être sanctionné. Elle a exprimé son soutien à une enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Mme Kwan a également sollicité une réponse de la ministre de l’Immigration, Lena Diab, concernant d’éventuelles responsabilités en cas d’action unilatérale de M. Gasparro, mais n’a toujours pas reçu de réponse. Elle a demandé une étude de la question au comité de l’immigration, mais se heurte à des obstacles administratifs.

Cette affaire, qui a été soulevée au Parlement le dernier jour du délai requis pour y répondre, soulève des questions importantes sur la transparence et la responsabilité au sein du gouvernement canadien. La direction de Kneecap n’a pas encore commenté l’affaire.

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