Publié le 25 novembre 2025 à 12h25. Une entreprise américaine a franchi une étape décisive dans la transmission d’énergie sans fil depuis l’espace, ouvrant la voie à des satellites plus performants et moins coûteux.
Longtemps considérée comme relevant de la science-fiction, la transmission d’énergie depuis l’orbite terrestre est désormais plus proche de la réalité. L’entreprise Star Catcher Industries, relativement discrète, a réussi à transmettre 1,1 kilowatt (kW) de puissance optique entre deux points au sol, surpassant le précédent record de 800 watts établi par l’agence gouvernementale américaine DARPA. Cette avancée, réalisée au Centre spatial Kennedy, repose sur une approche innovante et prometteuse.
Contrairement aux recherches antérieures qui se concentraient sur les micro-ondes, nécessitant des équipements spécialisés et coûteux, Star Catcher a opté pour un laser multispectral calibré pour correspondre aux longueurs d’onde optimales des panneaux solaires commerciaux. L’objectif était simple : alimenter un panneau solaire standard avec un faisceau lumineux concentré, comparable à un « soleil artificiel », sans l’endommager. Le succès de cette expérience démontre qu’il n’est pas nécessaire de repenser complètement le récepteur d’énergie.
Pour les ingénieurs spatiaux, cette prouesse technologique représente une opportunité majeure. L’énergie est un facteur limitant crucial pour les satellites. Augmenter la puissance des instruments, améliorer la propulsion ou les antennes nécessite davantage de panneaux solaires, ce qui augmente la masse, le volume et, par conséquent, les coûts de lancement. La transmission d’énergie sans fil pourrait donc révolutionner la conception des satellites.
Si un satellite pouvait recevoir de l’énergie supplémentaire – jusqu’à deux, cinq, voire dix fois plus selon Star Catcher – sans ajouter de matériel lourd, cela ouvrirait de nouvelles perspectives : des satellites d’observation plus performants, des missions scientifiques ambitieuses nécessitant une forte consommation d’énergie, des constellations partageant l’énergie comme un réseau électrique orbital, et des plateformes spatiales prolongeant leur durée de vie utile. De plus, une réduction de la masse se traduirait par une diminution des déchets spatiaux.
La démonstration de 2025 ne s’est pas limitée à un test en laboratoire. Star Catcher a évalué la compatibilité de plusieurs types de panneaux solaires commerciaux afin de valider la technologie dans des conditions réelles. Le système a délivré 1,1 kW de puissance optique, confirmant ainsi son potentiel. L’étape suivante, prévue en 2026, consistera en une démonstration orbitale pour tester la résistance du système aux vibrations, à la dispersion du faisceau, à la stabilité thermique et aux contraintes géométriques de l’orbite. Star Catcher affirme d’ores et déjà avoir conclu des accords d’achat d’électricité pour ses futurs systèmes en orbite, une perspective qui témoigne de la confiance dans cette technologie.
Bien que l’idée de grandes centrales solaires spatiales envoyant de l’énergie vers la Terre ne soit pas encore d’actualité, les experts restent prudents en raison des difficultés liées à la traversée de l’atmosphère et des risques potentiels pour la sécurité. Cependant, dans l’environnement spatial, les contraintes sont différentes : absence d’air pour disperser la lumière, pas de nuages, pas de nuit, et une efficacité accrue. Ces facteurs suffisent à transformer la conception des satellites, à réduire les coûts de lancement, à permettre des systèmes plus propres et plus compacts, et à ouvrir des voies qui, il y a encore quelques années, relevaient du domaine de la science-fiction.
Star Catcher n’a pas résolu la crise énergétique mondiale, mais a indéniablement apporté une nouvelle lumière dans le domaine de l’énergie spatiale. Et cette fois, il ne s’agit pas d’une simple métaphore.
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