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Quelle revanche pour Margit Sandemo – Communiqué

by Antoine Girard

Publié le 26 novembre 2025 à 15h54. La saga fantastique norvégienne « Sagaen om Isfolket » de Margit Sandemo, longtemps dédaignée par l’establishment culturel, triomphe aujourd’hui sur les planches du Théâtre National d’Oslo, témoignant d’un changement de paradigme dans les goûts du public et d’un regain d’intérêt pour ce genre littéraire.

  • Près de 15 000 billets ont déjà été vendus pour la pièce, qui débute ce soir, et toutes les représentations avant Noël sont complètes.
  • La série littéraire, initialement rejetée par les bibliothèques et les médias, a connu un succès populaire considérable, faisant de Margit Sandemo l’auteure la plus vendue de Norvège.
  • Le succès actuel de la saga s’inscrit dans une tendance plus large, marquée par la popularité croissante de la « romance », un genre mêlant fantastique et romance, notamment sur les réseaux sociaux.

Longtemps considérée comme une littérature de genre mineure, « Sagaen om Isfolket » s’apprête à conquérir le cœur du public norvégien sur la scène du Nationaltheatret. La première représentation de cette adaptation théâtrale de près de quatre heures est prévue ce soir, et l’enthousiasme est palpable : 15 000 billets ont déjà trouvé preneur, et toutes les séances avant Noël affichent complet. Un public nouveau pour le théâtre, selon les responsables de l’institution.

Ce succès inattendu est d’autant plus significatif que la série littéraire de Margit Sandemo a connu des débuts difficiles. Publié en 1982, le premier tome, « Trollbundet », n’a pas bénéficié de l’accueil chaleureux des librairies ni des bibliothèques, nombreuses à refuser de l’acquérir. Les grands médias, quant à eux, l’ignoraient superbement. Pourtant, la saga a rapidement conquis un public fidèle, devenant l’œuvre la plus vendue de Norvège et propulsant son auteure au rang de star littéraire.

Les rares interviews accordées à Sandemo à l’époque se concentraient sur ses croyances spirituelles et sa connexion avec le monde invisible, mais la critique littéraire restait distante, considérant cette œuvre comme trop populaire et manquant de sophistication. On reprochait à Sandemo son style direct, son manque de souci pour l’exactitude historique et son penchant pour le divertissement pur et simple.

Pourtant, la saga se distinguait par son originalité et son audace. L’histoire débute dans la Trondheim du XVIe siècle, frappée par la peste, où Silje Arngrimsdatter, une jeune femme croisée par le destin, rencontre Tengel, un homme mystérieux à la beauté sombre et aux pouvoirs surnaturels. Tengel appartient au Peuple des Glaces, une lignée maudite par un ancêtre ayant vendu son âme au diable. Condamnés à vivre dans l’ombre, les membres de cette famille sont marqués par des yeux jaunes, des capacités magiques et une attirance pour les forces obscures.

Le récit, riche en rebondissements et en personnages hauts en couleur, explore les thèmes de l’amour, de la malédiction et de la rédemption. Au fil des tomes, la saga dépeint un univers fantastique où le bien et le mal s’affrontent sans cesse, et où les protagonistes sont confrontés à des choix difficiles.

Aujourd’hui, « Sagaen om Isfolket » trouve un écho particulier auprès d’un nouveau public, notamment grâce à la popularité croissante du genre « romance », qui combine fantastique et romance. Cette tendance, largement relayée sur les réseaux sociaux, notamment via BookTok, met en avant des récits érotiques, des univers féériques et des héroïnes fortes. Selon le Guardian, le succès de ce genre repose sur la représentation franche de la sexualité et la possibilité pour les lecteurs de s’évader dans des mondes imaginaires où l’amour et le désir sont omniprésents.

Margit Sandemo, décédée en 2018, a reçu la Médaille du Mérite du Roi en 2007. Son œuvre, longtemps ignorée par l’establishment culturel, est aujourd’hui reconnue à sa juste valeur, et son adaptation théâtrale promet de séduire un large public. Peut-être, comme le suggère cette reprise, l’industrie culturelle a besoin d’auteurs comme Sandemo, capables de toucher le cœur des lecteurs et de les transporter dans des univers imaginaires.

ENFIN HONORÉE : Margit Sandemo a reçu la Médaille du Mérite du Roi en 2007.

ENFIN HONORÉE : Margit Sandemo a reçu la Médaille du Mérite du Roi en 2007.

Photo : Håkon Mosvold Larsen / NTB

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