L’Alberta traverse une période de tensions sociales marquées par l’utilisation symbolique des drapeaux alors que la province s’apprête à voter sur son avenir au sein de la Confédération canadienne. Le référendum, fixé au 19 octobre, déterminera si la province doit rester au Canada ou tenir un second référendum contraignant pour quitter le pays.
Une bataille de symboles dans les communautés
Le drapeau de l’Alberta, caractérisé par ses montagnes enneigées, ses champs de blé et ses contreforts verts, est devenu le symbole unificateur des séparatistes. À l’opposé, la feuille d’érable du drapeau canadien est utilisée par les fédéralistes pour exprimer leur attachement au pays.
À Airdrie, au nord de Calgary, Sarah Batchelor, une enseignante de musique de 49 ans, a rapporté que l’apparition d’un grand drapeau bleu avec le blason de l’Alberta à la fenêtre d’un voisin a créé un sentiment de malaise. Selon elle, ce symbole est désormais associé à l’usage répandu par les séparatistes. En réponse, Mme Batchelor et plusieurs de ses voisins ont installé des drapeaux canadiens sur leurs pelouses et porches pour manifester leur solidarité.
Conséquences sociales et tensions locales
Le débat sur la séparation a entraîné des incidents concrets dans plusieurs localités et milieux de travail :
- À Sundre : Un défilé de rodéo, situé au nord-ouest de Calgary, a été annulé le mois dernier. Cette décision a suivi des menaces et des abus après que les organisateurs ont refusé un char orné de drapeaux de l’Alberta, craignant que cela ne soit perçu comme une déclaration politique.
- Dans le secteur commercial : Le syndicat United Food and Commercial Workers a déposé un grief après que plusieurs magasins de la chaîne Sobeys Inc. ont arboré le drapeau de l’Alberta. Le syndicat a affirmé dans un communiqué en ligne que le drapeau est devenu un symbole du mouvement pour l’indépendance de l’Alberta et que l’affichage de celui-ci aliène les employés et clients qui aiment le Canada.
Le contexte politique du référendum
La Première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a ordonné ce vote en s’appuyant sur des pétitions signées par des centaines de milliers de citoyens, tant pour que contre la séparation. Bien que Mme Smith ait déclaré soutenir le maintien de la province au Canada, elle a justifié le scrutin par la nécessité de régler définitivement la question.
Cette initiative est contestée par des critiques qui évoquent des sondages d’opinion indiquant un soutien massif au maintien de l’Alberta au Canada. Ces derniers accusent Mme Smith de mener une politique intéressée pour satisfaire les membres radicaux séparatistes de son parti, l’United Conservative Party.
Réactions du gouvernement fédéral
Parallèlement, Pierre Poilievre a désigné le député Dane Lloyd comme son responsable du référendum pour l’Alberta.
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