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Le nouveau supercalculateur Coatlicue coûtera 6 milliards de pesos

by Nicolas Lefèvre

Publié le 26 novembre 2025 à 15h15. Le gouvernement mexicain va investir 6 milliards de pesos dans la construction de Coatlicue, un supercalculateur destiné à devenir le plus puissant d’Amérique latine et à servir les intérêts nationaux dans des domaines aussi variés que la prévision météorologique, la lutte contre la fraude fiscale et la recherche scientifique.

  • Coatlicue, doté de 14 000 unités de traitement graphique (GPU), atteindra une puissance de calcul de 314 pétaflops (314 000 milliards d’opérations par seconde).
  • L’emplacement du supercalculateur sera déterminé en janvier 2026, en tenant compte de ses besoins importants en eau et en énergie.
  • Pemex (Petróleos Mexicanos) sera l’un des premiers utilisateurs stratégiques de Coatlicue, l’utilisant pour l’analyse de données sismiques et géologiques afin d’optimiser la localisation de gisements pétroliers.

L’Agence de transformation numérique et de télécommunications (ATDT), dirigée par José Pena Mérinos, a annoncé ce projet ambitieux lors de la conférence matinale du président Claudia Sheinbaum. Coatlicue ne sera pas un simple outil au service du secteur privé, mais une ressource publique accessible à tous, a insisté la présidente Sheinbaum.

Selon les estimations, Coatlicue sera composé d’environ 14 480 GPU répartis dans 7 500 châssis, ce qui équivaut à la puissance de calcul de 375 000 à 400 000 ordinateurs fonctionnant simultanément. Ces châssis seront installés dans 200 armoires nécessitant une infrastructure conséquente en matière d’alimentation électrique, de refroidissement par eau et de connectivité haut débit.

Au-delà de l’exploration pétrolière pour Pemex, Coatlicue devrait améliorer significativement les prévisions météorologiques, permettre une meilleure estimation des ressources en eau (superficielles et souterraines), optimiser les pratiques agricoles et modéliser la consommation énergétique. L’ATDT prévoit également d’utiliser le supercalculateur pour analyser les données fiscales et douanières afin de lutter contre l’évasion fiscale et la corruption.

Dans le domaine de la santé, Coatlicue permettra d’analyser des bases de données cliniques et épidémiologiques d’une ampleur actuellement inaccessible, ouvrant la voie à de nouvelles découvertes et à une meilleure compréhension des maladies. Rosaura Ruiz Gutiérrez, secrétaire à la Science, aux Sciences humaines, à la Technologie et à l’Innovation (SECIHTI), a souligné que le volume croissant de données scientifiques rend indispensable ce type d’infrastructure pour maintenir le Mexique au premier plan de la recherche.

Coatlicue ne fonctionnera pas de manière isolée. Il constituera le cœur du futur Cluster national de calcul intensif, un réseau qui regroupe déjà des supercalculateurs universitaires et publics tels que Yuca (Université de Sonora), Leo-Átrox (Université de Guadalajara), Xiuhcóatl et Abacus (Cinvestav), Miztli (UNAM), ainsi que d’autres machines installées dans des institutions comme la BUAP, l’UAM, le CICESE et l’Institut Potosino de recherche scientifique et technologique. Ce cluster, qui affiche actuellement une capacité de 9,45 pétaflops et plus de 10 000 téraoctets de stockage, sera renforcé et coordonné par Coatlicue.

Le réseau de calcul intensif existant est déjà interconnecté via des liaisons de 1 à 10 gigabits par seconde, et bénéficie d’interconnexions internationales avec des réseaux universitaires tels que RedCLARA et Internet2. Le SECIHTI prévoit de renforcer ces connexions pour permettre un accès à distance aux services de calcul intensif pour les universités, les centres de recherche et les agences fédérales de tout le pays.

La construction de Coatlicue est prévue sur une période de 24 mois, comprenant une phase de planification et de conception, suivie de l’ingénierie détaillée, des appels d’offres, des travaux de génie civil, de l’adaptation du site, de la fourniture des équipements, de l’intégration, de l’installation, des tests et de la validation, jusqu’à la mise en service. Un conseil d’administration, présidé conjointement par l’ATDT et le SECIHTI, sera chargé de définir les règles d’accès, les quotas de capacité et les stratégies de renouvellement de l’infrastructure.

En parallèle, le gouvernement mexicain a conclu un accord avec le Centre de Supercomputing de Barcelone pour traiter les projets prioritaires et former des spécialistes nationaux en informatique avancée. L’Inde, par l’intermédiaire de son Centre pour le développement de l’informatique avancée, apportera également un soutien technique au projet.

L’objectif final est de doter le Mexique non seulement du supercalculateur le plus puissant d’Amérique latine, mais également des compétences humaines nécessaires pour exploiter pleinement son potentiel et stimuler la science, l’industrie et la prise de décision publique.

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