Publié le 27 novembre 2023. La Ville de Montréal s’apprête à transformer l’ancien Cinéma Paradis, un bâtiment délabré de l’est de la métropole, en logements abordables, investissant 1,7 million de dollars dans ce projet.
- La Ville de Montréal exercera son droit de premier refus pour acquérir le terrain de l’ancien Cinéma Paradis.
- Un organisme sans but lucratif sera chargé de développer un projet de logements abordables et sociaux sur le site.
- L’administration Martinez Ferrada souhaite accélérer la création de logements sociaux et abordables à Montréal.
Après 15 ans de discussions et de projets avortés, l’avenir de l’ancien Cinéma Paradis, situé au 8215, rue Hochelaga, semble enfin scellé. Mercredi, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a annoncé l’intention de la Ville d’acquérir le terrain pour y construire des logements abordables.
En utilisant son droit de premier refus, Montréal pourra démolir l’immeuble actuel et céder le terrain à un organisme à but non lucratif, qui réalisera un projet de logements sociaux et abordables, conformément à la politique municipale. Ce droit de premier refus permet à la Ville d’acheter une propriété en priorité si elle est destinée à des projets d’intérêt public.
« En achetant une propriété comme celle de l’ancien Cinéma Paradis, nous agissons enfin dans un dossier qui traîne depuis 15 ans », a déclaré la mairesse Martinez Ferrada dans un communiqué.
« Nous achetons un immeuble très détérioré pour y construire des logements abordables et sociaux, une priorité pour notre administration. »
Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal
Chantal Gagnon, nouvelle mairesse de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, estime que ce projet contribuera à « redonner un sentiment de fierté à ce tronçon de la rue Hochelaga ». Caroline Braun, membre du comité exécutif responsable du logement et de l’urbanisme, a souligné l’importance de soutenir les organismes à but non lucratif pour accélérer la réalisation de projets essentiels.
Lors d’une conférence de presse, la mairesse Martinez Ferrada a indiqué que son administration cherchait activement des moyens d’accélérer les projets de logements sociaux et abordables actuellement au point mort. Selon Braun, l’objectif est de commencer la démolition du Cinéma Paradis avant 2027.
Le Cinéma Paradis appartenait depuis longtemps à Cinémas Guzzo. Son fondateur, Angelo Guzzo, avait acheté le cinéma en 1974 et l’avait rénové. Au cours des 16 dernières années, deux projets de réaménagement proposés par l’homme d’affaires Vincenzo Guzzo n’ont jamais abouti. En 2019, il avait critiqué la réglementation municipale, qu’il jugeait trop restrictive, tandis que l’ancien maire de l’arrondissement, Pierre Lessard-Blais, lui reprochait de ne pas avoir entretenu le bâtiment, laissé à l’abandon et couvert de graffitis.
Le manque d’entretien du Cinéma Paradis a été dénoncé à plusieurs reprises par divers groupes citoyens au fil des ans.
En juillet dernier, la famille Guzzo a vendu le terrain pour 800 000 $. Deux mois plus tard, en septembre, il a été remis en vente pour 1 679 000 $, soit le double de son prix d’achat initial. Des documents consultés par Radio-Canada révèlent qu’un avis d’assujettissement au droit de préemption a été déposé par la Ville de Montréal le 16 septembre.
La construction rapide de logements abordables et sociaux faisait partie des promesses électorales de Martinez Ferrada et de son parti, Ensemble Montréal, lors de la récente campagne.