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Les enjeux sont élevés pour le budget britannique

by Amélie Bernard

Le budget britannique dévoilé aujourd’hui est scruté de près par les marchés financiers. Le gouvernement devra démontrer une rigueur budgétaire convaincante pour maintenir la confiance des investisseurs, en particulier à l’heure où la dette publique reste sous surveillance.

Les marchés ont été agités à l’approche de cette annonce, et une nouvelle volatilité est possible en fonction des détails révélés. Le scénario le plus probable, selon les analystes, est que le chancelier de l’Échiquier mette en œuvre les ajustements nécessaires pour respecter les objectifs budgétaires et réduire significativement le déficit prévu pour 2026. Cependant, une forte hausse des rendements obligataires n’est pas à exclure si les mesures de consolidation sont jugées insuffisantes ou si le chancelier subit des pressions politiques.

La crédibilité budgétaire est d’autant plus cruciale que le marché des gilts (obligations d’État britanniques) dépend fortement des investisseurs étrangers. Environ 30 % de la dette publique britannique est détenue par des non-résidents, un pourcentage supérieur à celui observé dans la zone euro (environ 22 %). Ces derniers mois, les taux d’intérêt des gilts ont suivi de près l’évolution des obligations françaises et italiennes, plutôt que celle des obligations allemandes, considérées comme plus sûres, ce qui témoigne de la sensibilité du marché aux risques budgétaires.

Bien que les perspectives budgétaires du Royaume-Uni soient globalement meilleures que celles des États-Unis, les gilts ne bénéficient pas du statut de monnaie de réserve mondiale dont jouit le dollar américain. De plus, la concurrence des rendements plus élevés des obligations japonaises pourrait exercer une pression supplémentaire à la hausse sur les taux d’intérêt britanniques.

Les investisseurs étrangers pourraient devenir encore plus importants à l’avenir, car la demande intérieure devrait continuer à diminuer. La transition des fonds de pension britanniques des régimes à prestations définies vers des régimes à cotisations définies pourrait réduire la part de la dette détenue par ces fonds de 30 % à seulement 10 % à long terme. Parallèlement, la Banque d’Angleterre continue de réduire son portefeuille obligataire, ce qui accroît l’offre sur le marché.

Le budget d’automne devrait inclure une série de modestes augmentations d’impôts. La question clé pour les investisseurs est de savoir quand ces mesures entreront en vigueur : immédiatement ou seulement en 2026. Plus leur mise en œuvre est repoussée, moins la Banque d’Angleterre aura de marge de manœuvre pour baisser ses taux d’intérêt, plus les émissions de dette pour 2026 seront importantes et plus les investisseurs douteront de l’engagement du Royaume-Uni en faveur de la discipline budgétaire.

En outre, les marchés surveilleront les déclarations de responsables de la Réserve fédérale américaine, notamment Daly et Waller, qui ont récemment exprimé leur soutien à une baisse des taux en décembre. Les données économiques américaines, qui seront publiées dans la journée, pourraient également influencer les anticipations du marché.

L’Allemagne prévoit de vendre 3 milliards d’euros de nouveaux titres de dette, tandis que le Trésor américain s’apprête à émettre 44 milliards de dollars de nouveaux titres.

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