Publié le 27 novembre 2023 06:01:00. La National Transport Authority (NTA), l’autorité nationale des transports, envisage de revoir le tracé d’une nouvelle ligne de bus à Dublin, BusConnects, seulement un mois après son lancement, suite à une vague de plaintes concernant des perturbations importantes pour les usagers.
- Les habitants de Chapelizod dénoncent des temps de trajet allongés, des retards fréquents et des annulations de bus.
- La nouvelle ligne 80, qui a remplacé l’ancienne ligne 26, est au cœur des critiques.
- La NTA reconnaît des problèmes de qualité de service et étudie des solutions, dont une possible modification du tracé.
Les riverains de Chapelizod, un quartier ouest de Dublin, expriment leur mécontentement face aux changements apportés par la nouvelle ligne de bus 80, mise en service le 19 octobre. Cette ligne a remplacé l’ancienne 26, qui desservait la vallée de la Liffey et rejoignait Merrion Square via les quais nord. Selon les usagers, le nouveau tracé, qui relie désormais la vallée de la Liffey à Rathmines, dans le sud de la ville, engendre des complications majeures.
Au lieu de suivre les quais, la ligne 80 traverse désormais la rivière Liffey à Smithfield, ce qui la soumet à des embouteillages importants aux heures de pointe. Les conséquences sont des retards, voire des annulations de services, et des bus bondés, rendant les correspondements difficiles.
« Les enfants ne peuvent plus arriver à l’heure à l’école, les parents sont contraints de les y conduire et arrivent en retard au travail. Des jeunes mères qui doivent se rendre à des rendez-vous médicaux à l’hôpital sont même obligées de les manquer »,
Nick Stefanvoic, habitant de Chapelizod
Les témoignages se multiplient. Martin Murphy, résident de Chapelizod depuis plus de dix ans, qualifie la situation de « désastre ». Il constate une diminution significative du nombre de bus desservant le village. Renna Nakyama, nouvelle habitante du quartier, souligne la perte de fiabilité du service par rapport à l’ancienne ligne 26.
La frustration des habitants est d’autant plus grande qu’une autre ligne de bus, plus directe vers le centre-ville, circule à proximité, mais sans possibilité d’accès direct pour les piétons. La construction d’une rampe d’accès, promise par les autorités, n’a toujours pas débuté. De plus, certains habitants s’interrogent sur la possibilité d’étendre le service de nuit, déjà existant sur cette portion de ligne, aux heures de jour.
Une manifestation est prévue ce week-end pour exprimer le mécontentement général. Jen Cummins, députée (TD) de la région, a été submergée de plaintes depuis le lancement du service. Elle a dû organiser deux réunions publiques distinctes pour répondre aux préoccupations des habitants.
« Au lieu d’améliorer les transports en commun dans la région, comme prévu, BusConnects a simplement rendu la vie des gens beaucoup plus difficile »,
Jen Cummins, députée (TD)
Catherine Ardagh, députée du Fianna Fáil, a également soulevé la question auprès du ministre des Transports. Máire Devine, députée du Sinn Féin, a quant à elle reçu environ 150 commentaires négatifs de la part des habitants, sans obtenir de réponse de la NTA.
La NTA reconnaît que les temps de trajet sont globalement similaires le matin, mais légèrement plus longs le soir. Elle admet également que la qualité initiale du service n’est pas à la hauteur des attentes. L’autorité s’engage à résoudre les problèmes et envisage une possible révision du tracé de la ligne 80, notamment en étudiant la possibilité de la prolonger le long des quais et de la connecter à une autre ligne de bus à l’est de la ville.
La NTA précise que les annulations de bus sont dues à divers facteurs, tels que le manque de chauffeurs, les embouteillages et les retards. Elle affirme que les annulations restent dans les limites des normes contractuelles, avec moins de 2 % des services annulés au cours des trois premières semaines de novembre. Plus d’informations sur RTE.
