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L’Oregon poursuit le gouvernement fédéral, affirmant que les nouvelles directives SNAP de l’USDA réduisent les immigrants légaux

Publié le 27 novembre 2025 à 06h37. L’Oregon et vingt autres États américains contestent devant la justice une nouvelle réglementation fédérale sur l’aide alimentaire, qu’ils jugent illégale et susceptible de priver des milliers d’immigrants légaux de prestations essentielles.…

L’Oregon poursuit le gouvernement fédéral, affirmant que les nouvelles directives SNAP de l’USDA réduisent les immigrants légaux

Publié le 27 novembre 2025 à 06h37. L’Oregon et vingt autres États américains contestent devant la justice une nouvelle réglementation fédérale sur l’aide alimentaire, qu’ils jugent illégale et susceptible de priver des milliers d’immigrants légaux de prestations essentielles. Cette action intervient après une modification des règles d’éligibilité au programme SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program).

  • L’Oregon et 21 autres États ont intenté une action en justice contre l’administration Trump devant le tribunal fédéral d’Eugene.
  • Le litige porte sur une note du ministère américain de l’Agriculture (USDA) restreignant l’accès au programme SNAP pour certains immigrants légaux.
  • Les procureurs généraux estiment que cette note dépasse les prérogatives du Congrès et affecte injustement des résidents permanents légaux, notamment les réfugiés et les demandeurs d’asile.

L’Oregon s’est positionné à la tête d’une contestation juridique contre une nouvelle politique du gouvernement fédéral qui, selon les autorités de l’État, pourrait priver des centaines, voire des milliers, de résidents permanents légaux de l’accès à l’aide alimentaire. L’action en justice, déposée mercredi devant le tribunal fédéral d’Eugene, regroupe 22 États et dénonce une interprétation excessive des récentes modifications apportées au programme SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program), le principal dispositif national de lutte contre la faim.

Le cœur du problème réside dans une note publiée par l’USDA le 31 octobre, qui ordonne aux États de réévaluer l’éligibilité de certains bénéficiaires du SNAP. Les procureurs généraux affirment que cette directive va au-delà de ce que le Congrès avait prévu en juillet, lors de l’adoption d’une loi limitant l’accès au SNAP pour certains non-citoyens en situation d’immigration temporaire. Ils soutiennent que la note de l’USDA exclut arbitrairement de nombreux résidents permanents légaux, même ceux qui remplissent les conditions requises en matière de revenus et de résidence.

Parmi les personnes concernées figurent les réfugiés, les demandeurs d’asile et les individus admis aux États-Unis dans le cadre de programmes humanitaires après avoir obtenu leur carte verte. Selon les plaignants, l’USDA ignore les distinctions essentielles entre ces différentes catégories d’immigrants et les traite comme définitivement inéligibles au SNAP, même après avoir obtenu le statut de résident permanent.

Lors d’une conférence de presse, le procureur général de l’Oregon, Dan Rayfield, a exprimé son indignation face à cette situation.

« Il est aberrant et tout simplement stupide que nous devions nous adresser aux tribunaux pour que les gens aient légalement droit à l’aide alimentaire à laquelle ils ont droit. »

Dan Rayfield, procureur général de l’Oregon

Il a précisé que son bureau étudiait l’impact précis de cette nouvelle politique, mais qu’il craignait que « des centaines, voire des milliers » de résidents permanents légaux de l’Oregon ne soient privés de SNAP si les directives de l’USDA sont maintenues.

Rayfield a souligné l’importance de l’aide alimentaire pour les populations vulnérables.

« Nous sommes l’un des pays les plus riches du monde et personne ne devrait avoir faim en Amérique. »

Dan Rayfield, procureur général de l’Oregon

Il a également exprimé sa surprise face à l’annonce de ces nouvelles directives, affirmant que beaucoup pensaient initialement qu’il s’agissait d’une erreur, la législation fédérale concernant l’éligibilité des résidents permanents légaux au SNAP étant, selon lui, « incroyablement claire ».

Les procureurs généraux des États plaignants avaient déjà adressé une lettre à l’USDA début novembre, demandant une clarification de sa note et la publication de directives précises conformes à la loi fédérale. N’ayant reçu aucune réponse satisfaisante, ils ont décidé d’engager la procédure judiciaire.

Le programme SNAP, qui aide environ 42 millions d’Américains à faible revenu à s’approvisionner en nourriture, compte environ 1 % de bénéficiaires réfugiés et 3 % d’autres non-citoyens, notamment des titulaires de cartes vertes, selon les données de l’USDA. Les personnes en situation irrégulière ne sont pas éligibles au programme.

Les autorités de l’État ont également mis en évidence les difficultés opérationnelles et les coûts potentiels liés à la mise en œuvre rapide de ces nouvelles directives. L’USDA a annoncé que les nouvelles règles devaient entrer en vigueur le 1er novembre, laissant aux États un délai extrêmement court pour adapter leurs systèmes. Or, selon les propres règles de l’USDA, les États bénéficient généralement d’un délai de grâce de 120 jours pour ajuster leurs systèmes aux nouvelles directives fédérales sans être pénalisés pour les erreurs commises pendant la transition, comme le soulignent les plaignants.

L’Oregon et les autres États demandent au tribunal d’émettre une injonction préliminaire pour suspendre l’application de cette nouvelle politique en attendant une décision sur le fond. Rayfield a insisté sur la nécessité d’une intervention rapide de la justice afin de garantir la continuité de l’aide alimentaire pour les personnes qui en ont besoin.

« Notre objectif est de nous présenter devant un juge le plus rapidement possible pour nous assurer que nous pouvons rétablir cette aide alimentaire à court terme. »

Dan Rayfield, procureur général de l’Oregon

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.