Publié le 27 novembre 2025 à 06h05. L’Irlande continue d’accumuler les projets d’infrastructure aux coûts exorbitants, suscitant l’indignation de l’opposition et des questions sur la gestion des finances publiques, illustré en dernier lieu par la rénovation d’une entrée de parc à plus de 750 000 €.
- La rénovation d’une entrée de parc à Mont Merrion, incluant l’installation de marches et de rampes d’accès, a coûté 753 528 € (TVA comprise).
- L’opposition, menée par Sinn Féin et les sociaux-démocrates, dénonce un gaspillage de l’argent public et un manque de transparence.
- Le Taoiseach défend le projet, tout en reconnaissant que le coût est excessif, et promet de prendre des mesures.
La polémique autour des dépenses publiques en Irlande ne faiblit pas. Le dernier exemple en date, révélé par Martin Wall dans le Irish Times, concerne la rénovation de l’entrée d’un parc suburbain du Mont Merrion, dans le comté de Dún Laoghaire-Rathdown. Les travaux, qui incluent l’installation de quatorze marches et de rampes d’accès, ont atteint un coût total de 753 528 €, TVA incluse.
Mary Lou McDonald, leader de Sinn Féin, n’a pas tardé à réagir, dénonçant un nouveau « gaspillage scandaleux ». Elle a saisi l’occasion des questions des dirigeants au Dáil pour énumérer une série de projets controversés, citant notamment un garage à vélos, une cabane de sécurité, un mur d’enceinte, des bureaux vides payés par l’État, et un scanner inutilisé à la National Gallery.
« Trois quarts de million prélevés sur les deniers publics… carrément insultant… vous êtes des gaspilleurs en série… pas de contrôle, de gouvernance, de responsabilité… personne ne crie stop… scandaleux. »
Mary Lou McDonald, leader de Sinn Féin
Le Taoiseach, Michael Martin, de retour d’un voyage en Amérique du Sud et en Afrique du Sud, a reconnu que le coût du projet était « excessif à tous égards », tout en soulignant qu’il s’agissait de plus que la simple installation de marches et d’une rampe. Il a promis que le gouvernement « s’en occuperait ».
La Commission des comptes publics a également pointé du doigt des « déficiences graves et persistantes dans la surveillance des dépenses » du ministère de la Culture, des Communications et des Sports.
Au-delà de cette affaire spécifique, les échanges au Dáil ont également été marqués par des préoccupations concernant la gestion globale des finances publiques. Ivana Bacik, leader du Parti travailliste, a rappelé que le Conseil consultatif fiscal irlandais (Ifac) accusait le gouvernement de « budgétiser comme s’il n’y avait pas de lendemain ». Le rapport de l’Ifac a été au centre des débats.
Une autre question cruciale soulevée par Holly Cairns, leader des sociaux-démocrates, concernait la violence à l’égard des femmes. Elle a interrogé le Taoiseach sur le manque d’abris pour femmes dans neuf comtés et sur la nécessité de protéger les femmes jugées pour viol et agression sexuelle contre l’utilisation de leurs notes de conseil comme preuves à charge.
« Pourquoi neuf comtés ne disposent-ils pas d’espace de refuge pour les femmes et quand ces places seront-elles fournies ? »
Holly Cairns, leader des sociaux-démocrates
Le Taoiseach a reconnu l’importance de ces questions et a promis de prendre des mesures pour lutter contre la haine en ligne et protéger les victimes de violence. Il a également indiqué que le gouvernement présenterait prochainement à l’Europe un plan à moyen terme pour la gestion des finances publiques.