Publié le 29 novembre 2025 à 23h16. Les droits de douane instaurés par l’administration Trump pèsent lourdement sur les fêtes de fin d’année, menaçant la survie de nombreuses petites entreprises américaines et faisant grimper les prix pour les consommateurs.
- Une étude révèle que 71 % des petites entreprises anticipent un impact négatif des droits de douane sur les dépenses de consommation pendant les fêtes.
- Des entrepreneurs témoignent de l’augmentation drastique de leurs coûts et de la crainte de devoir fermer boutique.
- Malgré les critiques et les poursuites, l’administration Trump maintient sa politique commerciale, arguant qu’elle profite à l’économie américaine.
Les droits de douane imposés par l’ancien président Donald Trump continuent de se faire sentir, particulièrement à l’approche des fêtes de fin d’année. De nombreux petits commerçants américains se disent étranglés par ces taxes supplémentaires, qui ont fait flamber les prix de produits de Noël populaires et mis en péril leur activité. Selon une enquête menée par Small Business for America’s Future auprès de 1 048 petites entreprises, 71 % des propriétaires s’attendent à un impact négatif sur les dépenses des consommateurs pendant cette période cruciale, et 44 % craignent un impact très négatif.
Joann Cartiglia, propriétaire de Queen’s Treasures, une entreprise de jouets basée à Ticonderoga, dans l’État de New York, illustre parfaitement cette situation. Elle a investi une part importante de son épargne-retraite dans son entreprise, mais se dit aujourd’hui désespérée.
« Mon mari et moi avons investi une grande partie de l’argent de notre retraite dans cette entreprise. Et maintenant, je n’ai absolument aucun espoir de prendre ma retraite. »
Joann Cartiglia, propriétaire de Queen’s Treasures
Elle déplore que le gouvernement semble la pousser à la faillite.
Jared Hendricks, dirigeant de Village Lighting Co à West Valley City, dans l’Utah, spécialisée dans les décorations de Noël depuis plus de 20 ans, estime que ses coûts liés aux droits de douane atteignent près d’un million de dollars depuis le début de l’année.
« À ce stade, nous sommes en quelque sorte passés de la recherche de profits à la recherche de tarifs douaniers. Nous sommes juste en activité pour rembourser notre dette tarifaire. »
Jared Hendricks, dirigeant de Village Lighting Co
Il anticipe même une aggravation de la situation l’année prochaine si aucun allègement n’est accordé.
Boyd Stephenson, propriétaire de Game Kastle College Park, dans le Maryland, confirme cette tendance. Il souligne que de nombreux fabricants et éditeurs de jeux n’ont pas la capacité d’absorber ou de répercuter les augmentations de prix sur leurs clients.
« Le nombre de studios de jouets et de jeux que j’ai vu disparaître cette année est énorme. »
Boyd Stephenson, propriétaire de Game Kastle College Park
Les droits de douane affectent particulièrement les petites entreprises, qui disposent souvent de marges plus faibles et ont moins de moyens pour absorber les coûts ou obtenir des exemptions que les grandes entreprises. Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et l’incertitude économique ajoutent à leurs difficultés. Les tentatives de recours juridique, l’opposition de la Chambre de commerce américaine et les appels à l’aide des petits importateurs n’ont jusqu’à présent pas suffi à faire changer d’avis l’administration Trump, qui justifie sa politique commerciale par la volonté de récolter des milliards de dollars pour le gouvernement fédéral.
L’ancien président Trump a même affirmé que ceux qui s’opposent aux droits de douane « servent des intérêts étrangers hostiles ». Un porte-parole de la Maison Blanche, Kush Desai, a défendu la politique tarifaire en soulignant qu’elle permettrait de conclure de nouveaux accords commerciaux et d’attirer des investissements en Amérique, tout en mettant en œuvre des mesures favorables à la croissance, telles que des réductions d’impôts et une déréglementation.
Les experts soulignent que la chaîne d’approvisionnement des produits de Noël est particulièrement complexe et qu’il faudrait des investissements massifs et des décennies pour la relocaliser aux États-Unis, sans garantie de succès en raison d’un manque de main-d’œuvre qualifiée.
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