Publié le 1er décembre 2025 à 07h53. Avant son limogeage, le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Andriy Ermak, a été au centre d’une série de réunions d’urgence avec les principaux responsables de la sécurité et de la lutte contre la corruption, révélant des tensions croissantes au sein de l’équipe Zelensky.
- Le président Zelensky a rencontré le vice-Premier ministre Mikhaïl Fedorov, le chef du SBU (Service de sécurité d’Ukraine), le directeur du NABU (Bureau national anticorruption) et le chef du SAPO (Bureau des procureurs spécialisés anticorruption) avant de prendre sa décision.
- Ces rencontres, au moins la troisième du genre en deux semaines, visaient à gérer les conséquences potentielles des enquêtes menées contre Ermak et à éviter un signal de chaos auprès des partenaires internationaux.
- Plusieurs figures clés du gouvernement, dont le ministre de la Défense et même d’anciens collaborateurs d’Ermak, ont exprimé la nécessité de son remplacement.
Selon des sources de l’Ukrayinska Pravda (UP), la décision de limoger Andriy Ermak a été précédée par une intense activité diplomatique et sécuritaire au sein de l’administration présidentielle. Le 28 novembre, des perquisitions ont eu lieu au domicile d’Ermak, menées par le NABU et le SAPO, dans le cadre d’une enquête dont les détails n’ont pas été immédiatement divulgués. Ermak a affirmé sa coopération avec les autorités.
Le président Zelensky a finalement annoncé le renvoi d’Ermak, évoquant la nécessité d’un « redémarrage » de l’administration présidentielle. Il a prévu de consulter les candidats potentiels pour lui succéder. Ermak a quant à lui déclaré son intention de rejoindre le front, dans un contexte de tensions croissantes liées aux enquêtes le visant.
« Il était bouleversant que cela ne puisse être évité. Et que cela soit soutenu par tout le monde – des députés du peuple, des forces de sécurité, de la société jusqu’aux principaux partenaires internationaux. Qu’il s’agisse d’une décision d’État, nécessaire pour le pays, pour relancer de nombreuses institutions clés et processus critiques dans le pays. »
Un des participants aux discussions (non nommé)
Des sources indiquent que les États-Unis, depuis six mois, pressaient Zelensky de remplacer Ermak à son poste de négociateur clé. Par ailleurs, l’UP a révélé qu’Ermak avait tenté, une semaine avant son limogeage, d’obtenir la démission du chef du SBU, Vasyl Malyuk, l’accusant de ne pas avoir protégé l’opération « Midas ».
Ces événements interviennent dans un contexte de lutte contre la corruption en Ukraine, où les partenaires occidentaux insistent sur la nécessité de réformes profondes et de la transparence des institutions. La décision de Zelensky de limoger Ermak pourrait être interprétée comme un signal fort en faveur de ces exigences.