Publié le 3 décembre 2025 à 05:00. Les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre en Ukraine semblent au point mort après une visite de l’émissaire de Donald Trump à Moscou, tandis que la Russie intensifie ses menaces envers l’Europe et l’Ukraine fait état d’une arrestation pour espionnage.
- Steve Witkoff, envoyé de Donald Trump, a quitté Moscou sans avancée significative dans les négociations de paix, selon le Kremlin.
- Volodymyr Zelensky a exprimé ses craintes quant à un possible désengagement des États-Unis dans le processus de paix.
- La Russie a menacé de prendre des mesures contre les pétroliers soutenant l’Ukraine après des attaques de drones contre ses navires.
Les discussions à Moscou, qui se sont étalées sur deux semaines, ont débuté par la divulgation par la Russie d’une liste de 28 exigences, suivie d’efforts conjoints de l’Ukraine et de l’Europe pour formuler une contre-proposition acceptable pour Kiev. Malgré une rencontre de cinq heures entre l’émissaire américain et Vladimir Poutine, Youri Ouchakov, conseiller du Kremlin, a déclaré que les deux parties n’étaient « ni plus ni moins proches d’une résolution de la crise en Ukraine ».
Lors d’une brève apparition devant les médias, Vladimir Poutine a interrogé Witkoff sur son impression de Moscou, qualifiée par ce dernier de « ville magnifique », avant que la diffusion ne soit interrompue. Parallèlement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé son inquiétude face à un possible affaiblissement du soutien américain, déclarant lors d’un événement à Dublin :
« Si quelqu’un de nos alliés est fatigué, j’ai peur. L’objectif de la Russie est de retirer les intérêts américains de cette situation. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Il a ajouté qu’il attendait des signaux de la délégation américaine après sa rencontre avec Poutine et qu’il était prêt à rencontrer Donald Trump, en fonction de l’issue des discussions actuelles. Des sources américaines suggèrent que Witkoff pourrait se rendre à Kiev après son départ de Moscou.
La tension s’est accrue avec les déclarations de Vladimir Poutine, qui a menacé que la Russie était prête à entrer en guerre avec l’Europe. Selon ses affirmations, l’Europe empêcherait l’administration américaine de parvenir à un accord de paix en Ukraine.
« La Russie n’a pas l’intention de combattre l’Europe, mais si l’Europe commence, nous sommes prêts dès maintenant. »
Vladimir Poutine, président russe
Il n’a pas précisé quelles exigences européennes lui paraissaient inacceptables, se contentant d’affirmer que les puissances européennes étaient « du côté de la guerre ».
En marge de ces développements diplomatiques, les autorités ukrainiennes ont annoncé l’arrestation d’un instructeur militaire britannique, Ross David Cutmore, 40 ans, accusé d’espionnage pour le compte de la Russie et de complot d’assassinats. Selon Serena Richards, Cutmore aurait été recruté par le FSB, les services de renseignement russes, pour « commettre des assassinats ciblés sur le territoire ukrainien » entre 2024 et 2025. Le ministère britannique des Affaires étrangères a confirmé fournir une assistance consulaire à son ressortissant.
La mer Noire est également le théâtre d’incidents maritimes. Un pétrolier russe, le Midvolga-2, qui transportait selon ses déclarations de l’huile de tournesol vers la Géorgie, a signalé mardi une attaque de drone au large des côtes turques, sans faire de victimes parmi ses 13 membres d’équipage. L’Ukraine a nié toute implication dans cette attaque. La Turquie a signalé ces derniers jours des attaques similaires contre trois pétroliers liés à la Russie. Une source de sécurité ukrainienne a affirmé à l’AFP que ses forces avaient utilisé des drones navals pour frapper deux de ces navires, affirmant qu’ils transportaient secrètement du pétrole russe.
Vladimir Poutine a qualifié ces attaques de piraterie et a menacé de prendre des mesures contre les pétroliers des pays qui soutiennent l’Ukraine, ainsi que d’intensifier les attaques contre les installations et les navires ukrainiens. Un autre pétrolier, le Mersin, battant pavillon panaméen, a été touché par quatre explosions au large de Dakar après avoir quitté la Russie. L’implication de l’Ukraine dans cet incident reste incertaine.
Sur le plan financier, la Commission européenne prévoit de présenter cette semaine une proposition juridique visant à utiliser les avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine, à hauteur de 140 milliards d’euros (environ 150 milliards de dollars américains). Quatre sources proches du dossier ont indiqué à Reuters que l’exécutif européen envisagerait également la possibilité d’emprunter sur les marchés financiers ou de combiner les deux options. La Belgique, qui héberge Euroclear, le dépositaire de la majorité des actifs russes gelés, s’oppose à cette proposition, craignant des représailles juridiques.
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