Publié le 26 octobre 2023. L’envolée des loyers en Irlande ne dissuade pas les futurs acheteurs de se sentir capables d’assumer un crédit immobilier, mais la principale préoccupation est désormais le coût prohibitif des biens, qui compromet leur accès à la propriété.
- Près de la moitié des futurs acheteurs potentiels paient désormais un loyer mensuel compris entre 1 000 et 2 000 € (environ 1 150 à 2 300 $).
- Le coût des logements est désormais perçu comme l’obstacle majeur à l’accession à la propriété, dépassant les inquiétudes liées aux remboursements hypothécaires.
- Les préoccupations environnementales et la possibilité de travailler à distance influencent de plus en plus les critères de recherche des futurs acquéreurs.
La crise du logement en Irlande se manifeste par une augmentation spectaculaire des loyers, mais paradoxalement, cela ne semble pas freiner l’optimisme des futurs acheteurs quant à leur capacité à obtenir un prêt immobilier. Selon une étude récente menée pour le compte de la Banque d’Irlande, 89 % des personnes interrogées se déclarent confiantes quant à leur aptitude à rembourser un crédit. La principale source d’inquiétude a évolué : ce n’est plus la capacité à payer les mensualités, mais le prix des biens immobiliers qui constitue le principal frein à l’accession à la propriété.
Le nombre de futurs acheteurs payant un loyer mensuel de 1 000 à 2 000 € a plus que doublé depuis 2017. En 2017, seulement un acheteur potentiel sur cinq se situait dans cette fourchette. Cette année, ce chiffre atteint 48 %. Cette hausse significative des loyers a conduit les aspirants propriétaires à relativiser les difficultés liées aux futurs remboursements hypothécaires.
L’étude, réalisée par Red C à la mi-septembre auprès de plus de 200 personnes âgées de 25 à 45 ans ayant exprimé leur intention d’acheter ou de construire une première maison dans les prochaines années, révèle un changement de perception majeur. En 2017, 41 % des jeunes considéraient le coût des logements comme le principal défi. En 2023, ce pourcentage est passé à 61 %.
Parallèlement à ces difficultés, 50 % des personnes interrogées déclarent épargner entre 500 et 1 000 € (environ 575 à 1 150 $) chaque mois pour constituer un apport personnel.
Malgré les obstacles financiers, un nombre croissant de personnes se préparent activement à l’achat. Plus d’un tiers des sondés envisagent d’acheter ou de construire dans les six prochains mois, et 84 % ont déjà mis en place un plan d’épargne dédié, contre 74 % en 2017.
La perspective de devenir propriétaire est également motivée par un désir de stabilité et d’autonomie. 69 % des jeunes estiment que posséder un logement leur apporterait un sentiment de sécurité et d’enracinement, tandis que 59 % pensent que cela renforcerait leur indépendance et leur contrôle sur leur vie.
« Les primo-accédants ne se contentent pas d’envisager l’accession à la propriété, ils recherchent également des logements plus écologiques, des factures énergétiques réduites et un avenir plus durable. »
Alan Hartley, directeur de l’achat de logements à la Bank of Ireland
L’étude souligne l’importance croissante de la performance énergétique des bâtiments (BER – Building Energy Rating) pour les futurs acheteurs, près de 90 % des sondés y accordant de l’importance. Alan Hartley se félicite de cette tendance et note que les habitudes d’épargne des futurs propriétaires sont plus solides qu’auparavant.
Au-delà des considérations environnementales, la possibilité de travailler à distance influence également les décisions d’achat. 40 % des personnes interrogées envisagent de reconsidérer leur lieu de résidence en fonction de cette opportunité, et un quart d’entre elles revoient également le type de bien qu’elles souhaitent acquérir. Cela a conduit 22 % des futurs acheteurs à accélérer leurs projets.