Publié le 2025-12-03 21:09:00. Les personnes souffrant de dermatite atopique (MA) ne dorment pas moins bien à cause de la maladie elle-même, mais plutôt en raison du stress et de l’anxiété qu’elle provoque, révèle une étude coréenne.
- Le stress est un facteur déterminant dans les troubles du sommeil chez les adultes atteints de dermatite atopique.
- L’étude, basée sur l’analyse de données concernant près de 65 000 adultes, met en évidence l’importance de prendre en compte l’aspect psychologique de cette affection cutanée.
- Réduire le stress pourrait améliorer la qualité du sommeil et le bien-être général des personnes atteintes de MA.
La dermatite atopique (MA), une maladie inflammatoire chronique de la peau caractérisée par des démangeaisons intenses et une peau sèche, touche des millions de personnes à travers le monde. Selon les estimations de une étude de 2023, environ 101,27 millions d’adultes et 102,78 millions d’enfants en sont atteints. En Corée du Sud, on comptait environ 1,5 million de personnes diagnostiquées avec la MA en 2019, selon des données de l’Annals of Dermatology.
Si les symptômes physiques de la MA, tels que les démangeaisons, peuvent perturber le sommeil, les chercheurs se sont interrogés sur le rôle du stress émotionnel dans les troubles du sommeil fréquemment observés chez les patients. L’anxiété, la frustration et la gêne sociale liées aux manifestations cutanées visibles peuvent avoir un impact significatif sur la qualité du sommeil.
Pour mieux comprendre cette relation, une équipe de recherche coréenne, impliquant des experts du Jaseng Spine and Joint Research Institute, du Collège de médecine coréenne de l’Université de Woosuk et de l’hôpital Jaseng de médecine coréenne, a analysé les données de l’enquête nationale coréenne sur la santé et la nutrition, collectées entre 2007 et 2018. L’étude a porté sur plus de 64 900 adultes de 19 ans et plus, en excluant les participants ayant des informations incomplètes sur leur diagnostic de MA ou leurs habitudes de sommeil.
Les participants ont déclaré s’ils avaient reçu un diagnostic de MA, leur niveau de stress perçu et leur durée de sommeil habituelle. Les chercheurs ont ensuite utilisé des modèles statistiques pour déterminer si la MA était directement liée à un sommeil plus court, et si le stress pouvait expliquer cette association.
Les résultats ont révélé que la MA en elle-même n’était pas significativement associée à une réduction de la durée du sommeil. Cependant, les personnes atteintes de MA signalaient des niveaux de stress plus élevés, et ce stress était fortement corrélé à un sommeil de moins bonne qualité. L’étude estime que le stress pourrait expliquer environ 25 % de la différence de sommeil observée entre les personnes atteintes et non atteintes de MA.
Cette étude souligne l’importance d’une approche holistique de la prise en charge de la dermatite atopique, en tenant compte non seulement des symptômes cutanés, mais aussi de l’impact psychologique de la maladie. Les auteurs suggèrent que des interventions visant à réduire le stress, telles que la thérapie, la pleine conscience ou d’autres techniques de relaxation, pourraient améliorer le sommeil et la qualité de vie des personnes atteintes de MA.
Les chercheurs reconnaissent certaines limites à leur étude. La nature observationnelle des données ne permet pas d’établir un lien de causalité entre la MA, le stress et les troubles du sommeil. De plus, les données reposent sur les déclarations des participants concernant leur diagnostic, leur niveau de stress et leurs habitudes de sommeil, ce qui peut être sujet à des biais. Enfin, l’étude n’a pas évalué la gravité de la MA ni la qualité du sommeil (réveils nocturnes, agitation due aux démangeaisons).
Des recherches futures devraient se concentrer sur le suivi des patients atteints de MA sur une plus longue période, et sur l’utilisation de mesures objectives pour évaluer la gravité de la maladie et la qualité du sommeil, afin de mieux comprendre les mécanismes en jeu et d’optimiser les stratégies de prise en charge. Une étude coréenne publiée dans Scientific Reports en fin novembre 2025 détaille ces conclusions.
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