Publié le 4 décembre 2025. L’entreprise munichoise Govecs, qui tentait de relancer la légendaire marque de scooters est-allemande Simson avec un modèle électrique, a déposé le bilan fin novembre, victime d’un marché peu réceptif à son prix élevé.
- Govecs, fabricant de scooters électriques, a déclaré faillite après avoir tenté de faire revivre la marque Simson avec le modèle e-Schwalbe.
- Les Simson originaux, produits entre 1964 et 1986 à plus d’1,1 million d’exemplaires, étaient un symbole de mobilité abordable en RDA.
- Le prix élevé de l’e-Schwalbe, entre 5 400 et plus de 8 000 euros, a été un facteur déterminant dans son échec commercial.
L’histoire de l’e-Schwalbe illustre les difficultés de transposer un héritage nostalgique dans le marché actuel des scooters électriques. Govecs, fondée en 2009, avait lancé en 2017 l’e-Schwalbe, une version modernisée du célèbre scooter Simson, avec un design rappelant l’original, mais une production délocalisée à Wroclaw, en Pologne. L’entreprise espérait capitaliser sur la popularité de la marque Simson, qui, entre 1964 et 1986, a vendu plus de 1,1 million d’exemplaires dans l’ancien bloc de l’Est.
Les Simson originaux étaient appréciés pour leur robustesse, leur vitesse maximale d’environ 60 kilomètres par heure et la possibilité de les conduire dès l’âge de 15 ans. Ils incarnaient une mobilité accessible et sont restés une icône nostalgique pour de nombreux Allemands de l’Est. L’e-Schwalbe, présenté comme un produit européen haut de gamme, visait à perpétuer cette tradition.
Cependant, le prix de l’e-Schwalbe s’est avéré être un obstacle majeur. Avec un coût allant de 5 400 à plus de 8 000 euros, il était nettement plus cher que de nombreux scooters électriques concurrents, souvent importés d’Asie. Initialement, la technologie de l’e-Schwalbe reposait sur un moteur électrique développé en collaboration avec Bosch. Lorsque Bosch a abandonné ses activités dans ce domaine, Govecs a dû trouver rapidement un nouveau fournisseur, optant pour sa propre transmission par courroie et des moteurs de la société allemande SEG Electronics à partir de 2023. Une version plus rapide, équivalente à un scooter 125 cm³ (environ 90 kilomètres par heure), a également été proposée.
Malgré ces améliorations techniques, l’e-Schwalbe est resté le seul modèle majeur du portefeuille de Govecs. L’avenir de l’entreprise était donc fortement dépendant d’un seul produit dans un segment de marché particulièrement sensible aux fluctuations de la demande. Dès 2022, les immatriculations de cyclomoteurs, y compris les modèles électriques, ont commencé à diminuer en Europe. De plus, les consommateurs se sont tournés vers des véhicules d’occasion moins chers, d’autres marques de cyclomoteurs ou des vélos électriques.
Govecs s’adressait principalement aux clients finaux en Europe, notamment en Allemagne. Les volumes de ventes escomptés n’ont pas été atteints et les coûts fixes élevés liés à la production et au développement européens, ainsi que le coût des composants, ont entraîné des pertes continues. Malgré un chiffre d’affaires d’environ sept millions d’euros en 2025, l’entreprise n’a pas pu assurer sa stabilité financière.
L’entreprise ne comptait qu’une poignée d’employés à Munich, tandis que des dizaines d’autres travaillaient dans l’usine de production en Pologne, où une restructuration est actuellement en cours dans le but de préserver la structure de production pour un éventuel nouvel investisseur. L’échec de l’e-Schwalbe démontre que, même si le design et la marque peuvent susciter la nostalgie, le prix et l’aspect pratique restent des critères déterminants pour de nombreux acheteurs de scooters électriques.
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