Publié le 24 septembre 2025. Des images vidéo révélées lors d’une audition confidentielle au Congrès américain montrent des militaires frappant des survivants d’une attaque initiale contre un navire suspecté de trafic de drogue, suscitant une vive controverse et des accusations de possibles crimes de guerre.
- Un haut responsable démocrate du Congrès affirme que des survivants, des “marins naufragés”, ont été intentionnellement ciblés par l’armée américaine.
- L’incident, survenu le 2 septembre, fait partie d’une série de frappes contre des navires présumés impliqués dans le trafic de stupéfiants qui ont causé la mort de plus de 80 personnes.
- La Maison Blanche et le Pentagone tentent de dédouaner le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, en imputant la responsabilité à l’amiral Frank Bradley.
Selon le représentant Jim Himes, le plus haut démocrate de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, les séquences vidéo sont particulièrement choquantes. Il a déclaré aux journalistes :
« L’armée américaine a attaqué des marins naufragés – des gens en difficulté, des victimes – mais a attaqué des marins naufragés. »
Jim Himes, représentant américain
Il a qualifié cette situation de « l’une des choses les plus troublantes que j’ai vues au cours de ma carrière dans la fonction publique ». Himes a précisé que les images montrent « deux individus en détresse manifeste, sans aucun moyen de locomotion, avec un navire détruit, qui ont été tués par les États-Unis ».
Le représentant républicain Don Bacon a également exprimé son inquiétude, soulignant que les règles de guerre américaines n’autorisent pas de cibler des survivants.
« Ces deux personnes essayaient de survivre et nos règles de guerre ne nous permettraient pas de tuer des survivants. Les règles stipulent qu’ils doivent constituer une menace imminente. Et je pense que nous pouvons dire qu’ils ne constituaient pas une menace imminente pour notre pays. »
Don Bacon, représentant américain
Face à la polémique, la Maison Blanche et le Pentagone cherchent à se distancer de la décision de frapper les survivants, potentiellement un crime de guerre selon certains législateurs. Ils rejettent la responsabilité sur l’amiral Frank Bradley, qui a directement supervisé l’opération. Cependant, Himes a rapporté que Bradley avait affirmé à la commission que Hegseth n’avait pas ordonné la mort de tout l’équipage. Bacon, pour sa part, estime que le secrétaire à la Défense reste responsable en tant que chef du Pentagone.
L’administration Trump maintient sa ligne dure contre les « narcoterroristes » présumés et a déployé des moyens militaires importants dans les Caraïbes, y compris le plus grand avion du monde, pour des opérations de lutte contre les stupéfiants. Cette escalade militaire a exacerbé les tensions régionales, notamment avec le Venezuela. Le président vénézuélien Nicolás Maduro a accusé Washington d’utiliser le trafic de drogue comme prétexte pour tenter d’« imposer un changement de régime » à Caracas.
Cette affaire intervient alors que des questions se posent sur l’utilisation par Pete Hegseth de l’application de messagerie cryptée Signal, qui aurait pu compromettre la sécurité des troupes américaines. Pour plus d’informations sur l’utilisation de Signal par Hegseth.
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