Publié le 2025-12-04 20:59:00. Le Sénat chilien a adopté une loi renforçant les conditions d’obtention et de maintien du permis de conduire, une initiative née d’une tragédie et visant à garantir la sécurité routière pour tous.
- La « Loi Jacinthe » impose à tous les conducteurs de déclarer sur l’honneur ne souffrir d’aucune condition médicale incompatible avec la conduite.
- Les municipalités devront vérifier l’aptitude physique et psychologique des candidats et des détenteurs de permis.
- Des sanctions sévères, incluant des amendes et l’annulation du permis, sont prévues en cas de fausse déclaration.
L’adoption de cette loi par le Sénat, avec 27 voix pour et trois abstentions, marque une étape cruciale. Elle doit maintenant être examinée par la Chambre des députés avant de pouvoir entrer en vigueur.
Cette initiative législative porte le nom de Jacinthe González, un bébé de cinq mois décédé en 2022 après avoir été percuté par un conducteur de 80 ans. Malgré un diagnostic de cancer en phase terminale, cet homme continuait à conduire sans que ses capacités ne soient remises en question. Cette tragédie a mis en lumière les lacunes du système actuel et a suscité une forte demande de renforcement des contrôles.
Au cœur de la « Loi Jacinthe » figure une modification du Code de la route. Désormais, chaque conducteur, quel que soit son âge, devra signer une déclaration sous serment attestant de l’absence de toute maladie ou affection susceptible d’affecter sa capacité à conduire. Les détails de ces conditions seront précisés dans un règlement conjoint des ministères des Transports et de la Santé.
Ce règlement définira également les procédures que les municipalités devront suivre pour évaluer l’aptitude physique et psychologique des personnes souhaitant obtenir ou renouveler leur permis de conduire. L’objectif est d’harmoniser les pratiques à l’échelle nationale et de garantir une évaluation rigoureuse.
En cas de fausse déclaration, les contrevenants s’exposeront à des sanctions sévères, qualifiées de violation grave. Les amendes varieront entre 1 et 1,5 UTM (Unité Tributaire Mensuelle, soit environ entre 69,542 $ et 104,313 $), et le permis de conduire sera annulé.
Le Sénat a également inclus une disposition visant à protéger les familles touchées par des accidents de la route. Les travailleurs qui perdraient un enfant dans un accident bénéficieront d’une juridiction de 30 jours. Pour les contrats à durée déterminée ou les missions spécifiques, cette protection sera maintenue jusqu’à la fin du contrat.
Cette mesure doit également être approuvée par la Chambre des Députés.
D’autres mesures sont également à l’étude, notamment des restrictions concernant le transport de jeunes passagers à moto. Les mineurs de moins de 12 ans ne pourront être transportés à moto qu’en tant que passagers, à condition qu’ils atteignent les repose-pieds et soient placés derrière le conducteur.
Enfin, le montant de l’indemnisation en cas de décès ou de frais médicaux suite à un accident de la route pourrait être revu à la hausse, allant de 300 à 600 UTM, et de 200 à 400 UTM en cas d’invalidité permanente partielle.
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