Publié le 5 décembre 2025 à 11h00. Vladimir Poutine s’est rendu à New Delhi pour un sommet avec Narendra Modi, réaffirmant l’engagement de la Russie à poursuivre ses livraisons de carburant à l’Inde malgré les pressions américaines croissantes et les tarifs douaniers imposés par Washington.
- La Russie est un fournisseur clé de pétrole pour l’Inde, représentant 36 % de ses importations de brut en 2024.
- Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50 % sur la plupart des produits indiens en raison des achats de pétrole russe de New Delhi.
- L’Inde et la Russie ont convenu d’un programme de coopération économique jusqu’en 2030, visant à diversifier leurs échanges commerciaux.
Lors d’une visite officielle marquée par les honneurs militaires, le président russe Vladimir Poutine a assuré à New Delhi un approvisionnement continu en énergie, défiant ainsi les sanctions occidentales et les critiques américaines. Accueilli avec une garde d’honneur et une salve de 21 coups de canon, M. Poutine a souligné le rôle de la Russie en tant que “fournisseur fiable de pétrole, de gaz, de charbon et de tout ce qui est nécessaire au développement énergétique de l’Inde”.
« Nous sommes prêts à poursuivre les expéditions ininterrompues de carburant pour l’économie indienne en croissance rapide. »
Vladimir Poutine, président russe
Le Premier ministre indien Narendra Modi a de son côté salué “l’engagement inébranlable” de la Russie envers son pays, insistant sur l’importance de la “sécurité énergétique” dans le partenariat bilatéral. Bien qu’il ait évoqué l’énergie nucléaire, il n’a pas spécifiquement mentionné le pétrole.
L’Inde est devenue un acheteur majeur de pétrole russe depuis le début de la guerre en Ukraine, offrant à Moscou un débouché crucial alors que les pays européens réduisaient considérablement leurs achats. En 2024, la Russie a fourni environ 1,8 million de barils de pétrole par jour à l’Inde, soit près de 36 % de ses importations totales de brut.
Cette dépendance énergétique a cependant suscité les critiques de Washington, qui a réagi en imposant en août des droits de douane de 50 % sur la plupart des produits indiens. Donald Trump, à l’origine de cette décision, estime que les achats de pétrole russe par New Delhi contribuent à financer le conflit en Ukraine.
New Delhi a récemment montré des signes de réduction de ses importations de brut russe, sous la pression américaine. L’Inde se trouve ainsi dans une position délicate, cherchant à maintenir ses approvisionnements énergétiques tout en évitant d’aggraver les tensions commerciales avec les États-Unis. Selon l’ancien envoyé indien en Russie, Pankaj Saran, “les équilibres sont une seconde nature dans l’élaboration de la politique étrangère indienne”.
Au-delà de l’énergie, les deux pays ont convenu d’un programme de coopération économique jusqu’en 2030, couvrant des domaines tels que l’emploi, la santé, le transport maritime et les produits chimiques. Le commerce bilatéral a atteint 68,7 milliards de dollars en 2024-25, soit six fois plus qu’avant la pandémie, bien que les exportations indiennes ne représentent que 4,88 milliards de dollars.
La Russie reste également un fournisseur important d’armes pour l’Inde, bien que New Delhi diversifie ses sources d’approvisionnement. La part russe des importations d’armes de l’Inde est passée de 76 % en 2009-2013 à 36 % en 2019-2023, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Les discussions ont porté sur des équipements de défense de pointe, notamment des systèmes de défense aérienne, des avions de combat et des sous-marins nucléaires.
M. Poutine doit conclure sa visite plus tard dans la journée après un banquet d’État.
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