Publié le 5 décembre 2025 07h00. Une étude de la NASA révèle que la prolifération des satellites, notamment ceux de Starlink, menace de compromettre les observations astronomiques, tant terrestres que spatiales, en contaminant les images capturées par les télescopes.
- La lumière réfléchie par les constellations de satellites perturbe les images astronomiques.
- D’ici 2030, on pourrait compter jusqu’à 560 000 satellites en orbite.
- Jusqu’à 96% des images de certains télescopes spatiaux pourraient être affectées.
Une équipe de scientifiques du Centre de recherche Ames de la NASA a publié une étude dans la revue Nature qui tire la sonnette d’alarme. La lumière réfléchie par les milliers de satellites en orbite, en particulier ceux de Starlink, la filiale de SpaceX d’Elon Musk dédiée à la fourniture d’internet haut débit, perturbe de plus en plus les observations astronomiques réalisées par les télescopes les plus performants.
Initialement, les effets de cette pollution lumineuse artificielle se limitaient aux observatoires terrestres. Cependant, la nouvelle étude prédit que si le rythme actuel des lancements se maintient, les télescopes spatiaux en orbite basse seront également touchés. Le nombre de satellites a explosé ces dernières années, passant de 2 000 en 2019 à 15 000 aujourd’hui, et les prévisions estiment que ce chiffre atteindra 560 000 d’ici 2030.
96% des images contaminées
Dirigée par l’astrophysicien espagnol Alexandre Borlaff, cette recherche quantifie le risque que représente cette saturation orbitale pour l’observation de l’univers. Les simulations se sont concentrées sur l’impact de ces mégaconstellations sur quatre télescopes spatiaux clés, avec des résultats alarmants pour la communauté scientifique.
Les résultats indiquent que des missions telles que le Télescope SPHEREx de la NASA, le futur Télescope ARRAKIHS de l’Agence spatiale européenne (ESA) et le télescope chinois Xuntian pourraient voir jusqu’à 96% de leurs images compromises à partir de 2030. Le télescope spatial Hubble, bien que plus ancien, ne serait pas épargné, avec entre 33% et 40% de ses images affectées.
Alexandre Borlaff souligne que ce phénomène compliquera la détection d’objets en mouvement, tels que les objets volants non identifiés ou des astéroïdes présentant un risque potentiel d’impact avec la Terre.
« Un astéroïde laissant une traînée dans le ciel peut facilement être confondu avec un satellite. Il devient très difficile de les distinguer. »
Alexandre Borlaff, astrophysicien
L’atténuation orbitale, une nécessité
La NASA s’inquiète non seulement du nombre croissant de satellites, mais aussi de leur taille. Selon Borlaff, certains appareils d’une superficie de 100 mètres carrés sont déjà « aussi lumineux que l’étoile la plus brillante visible dans le ciel ». Cette situation est d’autant plus préoccupante que des projets prévoient le lancement de satellites jusqu’à 30 fois plus grands pour répondre aux besoins croissants de l’intelligence artificielle.
À court terme, Borlaff estime qu’il est essentiel que Starlink et les autres opérateurs facilitent la localisation et l’orientation de leurs satellites aux équipes qui gèrent les télescopes spatiaux. Cette collaboration pourrait cependant être entravée par le secret industriel, le rôle militaire de certains satellites et la demande croissante d’accès à l’internet par satellite.
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