Publié le 5 décembre 2023 14:35:00. Une étude suédoise révèle un léger risque accru de cancer de la peau chez les personnes traitées pour l’hypertension, soulignant l’importance d’une protection solaire rigoureuse pour ces patients.
- Certains médicaments contre l’hypertension pourraient augmenter la sensibilité de la peau aux coups de soleil.
- Le risque de carcinome basocellulaire, une forme courante de cancer de la peau, semble légèrement accru chez les utilisateurs de certains antihypertenseurs.
- Les médecins recommandent de continuer le traitement, mais de renforcer la protection solaire.
Les personnes souffrant d’hypertension artérielle doivent redoubler de vigilance face à l’exposition solaire. Une récente étude menée en Suède suggère un lien possible entre la prise de certains médicaments antihypertenseurs et un risque légèrement accru de développer un carcinome basocellulaire, une forme fréquente de cancer de la peau. Les chercheurs insistent toutefois sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une raison d’interrompre un traitement vital, mais plutôt d’adopter des mesures de protection solaire adéquates.
L’étude, basée sur l’analyse de vastes registres nationaux de santé suédois, a identifié une association entre l’utilisation de certains antihypertenseurs et une augmentation du risque de carcinome basocellulaire, qui représente environ 70 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en Suède. Cette forme de cancer se manifeste souvent sur les zones de la peau les plus exposées au soleil.
Selon le Dr Johan Kappelin, médecin généraliste à la clinique de dermatologie de Landskrona et auteur principal de cette recherche, l’augmentation du risque observée reste modérée, de l’ordre de 9 %. Il précise que le carcinome basocellulaire est généralement une forme de cancer peu agressive, avec un faible risque de propagation et une mortalité faible. Le traitement consiste habituellement en une excision chirurgicale, mais la cryothérapie (congélation) ou le curetage (grattage) peuvent également être utilisés.
Les résultats de l’étude, récemment publiés dans la revue Acta Dermato-Vénérologique – Acta DV, montrent que le risque semble augmenter de 9 % chez les personnes prenant des thiazidiques (diurétiques), des bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine II (ARA) et des inhibiteurs calciques. Dans le cas des thiazidiques, cette association n’a été observée que pour les médicaments combinés, c’est-à-dire ceux contenant plusieurs substances actives. Un risque légèrement plus élevé de 7 % a également été constaté chez les utilisateurs de bêtabloquants.
À l’inverse, l’étude n’a pas identifié de risque accru chez les personnes traitées par inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC), et suggère même une légère diminution du risque. Le Dr Kappelin se dit surpris par la similarité des augmentations de risque observées pour plusieurs classes de médicaments. Il souligne également que l’absence d’augmentation du risque avec les thiazidiques seuls, par rapport aux combinaisons contenant ces médicaments, soulève la question de l’influence de l’autre substance active ou de l’interaction entre les médicaments.
Les chercheurs insistent sur le fait que ces résultats ne permettent pas d’établir un lien de causalité direct entre les médicaments et le cancer de la peau, mais seulement une association statistique. D’autres facteurs, tels que le type de peau et le mode de vie, pourraient également jouer un rôle et nécessitent des recherches plus approfondies.
En conclusion, le Dr Kappelin insiste sur le fait que l’augmentation du risque constatée est faible et qu’il n’y a pas lieu de modifier les recommandations concernant l’utilisation de ces médicaments. Cependant, il recommande vivement aux personnes sous traitement contre l’hypertension d’être particulièrement attentives à leur protection solaire.
L’étude a comparé les données de 130 000 personnes atteintes d’un carcinome basocellulaire à celles d’un groupe témoin comprenant près du double d’individus issus du registre de la population suédoise. Les informations sur les prescriptions d’antihypertenseurs ont été obtenues auprès du registre suédois des médicaments sur ordonnance, et les chercheurs ont également collecté des données sur d’autres traitements et maladies des participants.
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