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« Le Boucher de Damas » vit dans le luxe russe un an après le renversement et joue à des jeux — ČT24 — Télévision tchèque

Publié le 5 décembre 2025 à 22h15. Déchu de son pouvoir il y a un an, le dictateur syrien Bachar al-Assad vit désormais dans le luxe à Moscou, tandis que les preuves des atrocités commises par son régime…

« Le Boucher de Damas » vit dans le luxe russe un an après le renversement et joue à des jeux — ČT24 — Télévision tchèque

Publié le 5 décembre 2025 à 22h15. Déchu de son pouvoir il y a un an, le dictateur syrien Bachar al-Assad vit désormais dans le luxe à Moscou, tandis que les preuves des atrocités commises par son régime pendant la guerre civile syrienne continuent d’émerger.

  • Bachar al-Assad et sa famille ont trouvé asile en Russie après avoir fui la Syrie en décembre 2023, en échange d’un accord de confidentialité.
  • Ils résident dans un gratte-ciel de luxe à Moscou-Ville, bénéficiant d’un train de vie somptueux.
  • Des témoignages et des preuves accablantes révèlent l’ampleur des crimes commis par le régime d’Assad, notamment la torture, les massacres et l’utilisation d’armes chimiques.

Un an après son exil, l’ancien dictateur syrien Bachar al-Assad semble avoir trouvé un refuge inattendu dans la capitale russe. Selon des informations révélées par le journal allemand Die Zeit, il vit désormais dans un appartement luxueux à Moscou-Ville, un quartier moderne de la capitale, avec sa famille. L’arrivée de la famille al-Assad en Russie s’est faite dans le secret, après un accord de confidentialité censé garantir le silence sur le rôle de Moscou dans le conflit syrien.

L’enquête de Die Zeit révèle que, quelques jours avant leur fuite, Bachar al-Assad a transféré au moins 500 000 dollars en espèces, ainsi que des objets de valeur, des documents sensibles et des disques durs vers Dubaï. Le 8 décembre 2023, un émissaire russe a insisté pour que le dirigeant syrien se rende à la base militaire russe de Hmeimim, où il a attendu plusieurs jours avant d’être transporté par avion vers la Fédération de Russie, où il a obtenu l’asile « humanitaire ».

Loin des combats et des privations de la Syrie en guerre, la famille al-Assad profite d’un train de vie somptueux. Ils occupent plusieurs appartements sur trois étages dans un gratte-ciel de 300 mètres de haut, dotés de baignoires chauffées, de salles de bains en marbre, de lustres en cristal et de larges canapés évoquant les palais du Moyen-Orient. Selon une source proche de la famille, l’épouse d’Assad, Asma, qui s’est remise d’un cancer du sein, souffre de leucémie et son état de santé reste préoccupant.

Le frère cadet d’Assad, Maher, séjournerait quant à lui à l’hôtel Four Seasons de Moscou, où il passerait son temps à fumer le narguilé et à boire. Bachar al-Assad, lui, est sous la protection des services de sécurité russes du FSB et se déplace librement dans la capitale, effectuant même des visites occasionnelles dans un centre commercial voisin. Il passerait également de longues heures à jouer à des jeux vidéo en ligne et à se détendre dans sa villa de campagne à l’extérieur de Moscou.

L’octobre dernier, des rumeurs d’empoisonnement ont circulé, mais ont été démenties par les autorités russes. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a nié toute tentative d’atteinte à la personne du dictateur syrien.

Le régime d’Assad est accusé d’atrocités massives pendant la guerre civile syrienne, qui a débuté en 2011. Des charniers ont été découverts à Daraa, Damas et Homs, témoignant de la brutalité du régime. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé que le gaz neurotoxique sarin a été utilisé dans une attaque contre une banlieue de Damas en 2013, tuant des centaines de personnes. Le régime a également été accusé d’utiliser du chlore comme arme, en violation de la Convention sur les armes chimiques.

Selon le Réseau syrien pour les droits de l’homme, les hélicoptères du régime syrien ont largué près de 13 000 barils explosifs en 2016 seulement, causant la mort de nombreux civils. Des témoignages poignants révèlent également l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre, avec des femmes violées et torturées en prison. Des femmes ont été détenues arbitrairement pour faire pression sur leurs maris ou leurs enfants.

Le complexe souterrain de Sajdnája, situé à 30 kilomètres de Damas, était l’un des lieux de détention les plus tristement célèbres, où des dizaines de milliers de personnes ont été soumises à la torture, aux violences sexuelles et aux exécutions sommaires. Le sort de nombreux disparus reste inconnu.

Selon la Commission internationale des personnes disparues, le nombre total de personnes disparues en Syrie est estimé à 200 000, dont environ 100 000 ont disparu pendant la guerre civile. Une commission a été créée pour enquêter sur les crimes commis par le régime précédent, mais sa tâche est immense et ses ressources limitées.

Malgré les sanctions occidentales, le régime d’Assad a réussi à sortir de son isolement international grâce au soutien de la Russie et de l’Iran. Il a également renoué avec certains pays arabes et a été réintégré dans la Ligue des États arabes en 2023. Selon une source citée par Die Zeit, les membres de la famille al-Assad à Moscou « profitent de l’argent qu’ils ont volé, et le peuple syrien ne représente absolument rien pour eux ».

En 2021, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que les crimes commis en Syrie sous le régime d’Assad étaient les pires que le monde ait connus ce siècle. « L’ampleur des atrocités est choquante. Les auteurs doivent être tenus responsables si l’on veut que la paix soit durable en Syrie », avait-il déclaré.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.