Publié le 7 décembre 2023 06:19:00. Des avions de combat chinois ont ciblé avec leurs radars un système de guidage de missiles japonais lors d’un vol au-dessus des eaux internationales près d’Okinawa, suscitant une vive protestation de Tokyo qui dénonce une provocation. Cet incident intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, exacerbées par les prises de position du Premier ministre japonais sur Taïwan.
- Des avions militaires chinois ont visé un radar japonais de guidage de missiles.
- Tokyo a officiellement protesté auprès de Pékin, qualifiant l’action de provocation.
- L’incident s’inscrit dans un contexte de tensions régionales liées à Taïwan et aux revendications territoriales.
Le ministère japonais de la Défense a accusé des appareils chinois d’avoir pointé leurs radars de guidage vers des avions japonais à deux reprises distinctes au-dessus des eaux internationales, près de l’archipel d’Okinawa. Ces radars, considérés comme une menace particulièrement grave, émettent des ondes radio puissantes pour déterminer la position exacte d’une cible, les obstacles potentiels et la trajectoire optimale d’un missile juste avant son lancement. Selon le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi, ces « impulsions radar ont dépassé les limites de ce qui est nécessaire au fonctionnement sûr des avions » et il a déposé une protestation officielle, qualifiant l’acte de « déplorable ». Il a partagé cette information sur le réseau social X.
Pékin a rejeté les accusations japonaises, affirmant que des avions japonais avaient perturbé des exercices navals chinois en s’approchant dangereusement de la zone. Un porte-parole de la marine chinoise a déclaré, selon l’agence Reuters, que les allégations de Tokyo étaient « infondées ».
Cet incident survient dans un contexte de tensions persistantes entre la Chine et le Japon, notamment en ce qui concerne les îles Senkaku (appelées Diaoyu par la Chine), revendiquées par les deux pays. Il y a deux semaines, des avions japonais ont été dépêchés sur l’île de Jonaguni après l’apparition d’un drone chinois. Une semaine auparavant, des navires des garde-côtes chinois avaient navigué à proximité des îles Senkaku.
La situation s’est particulièrement tendue depuis que la Première ministre Sanae Takaichi a déclaré, le 7 novembre, qu’une attaque militaire chinoise contre Taïwan pourrait être considérée comme une menace existentielle pour le Japon, justifiant l’invocation du droit à la légitime défense collective en vertu d’une loi de 2015. Cette déclaration a provoqué l’indignation de Pékin. Le consul général de Chine à Osaka a même menacé Takaichi, ce qui a conduit Tokyo à déposer une protestation formelle. En réponse, Pékin a accusé le Japon de provocations et a averti qu’il subirait une défaite « écrasante » en cas d’intervention militaire.
La Chine considère Taïwan, gouvernée démocratiquement, comme une province rebelle et une partie intégrante de son territoire, qu’elle entend réunifier, même par la force si nécessaire. Elle exerce une pression militaire croissante sur l’île en multipliant les incursions de navires de guerre et d’avions dans ses environs. Selon la politique d’une seule Chine, il n’existe pas d’entité politique distincte à Taïwan, qui est de facto indépendante depuis 1949, avec son propre gouvernement et des élections régulières.
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