Publié le 7 décembre 2023 19:21:00. Le Globe de Shakespeare propose une relecture inventive et festive du conte de Pinocchio, s’éloignant de l’adaptation Disney pour revenir aux sources originales de Carlo Collodi et explorer l’impact du personnage sur ceux qui l’entourent.
- La nouvelle production du Globe met l’accent sur le voyage des personnages secondaires plutôt que sur la transformation de Pinocchio lui-même.
- Les interprètes, talentueux, endossent également le rôle de marionnettistes, créant une expérience immersive pour le public.
- La mise en scène inventive, mêlant marionnettes, musique et une touche de panto, offre un divertissement familial enchanteur.
Le conte classique de Pinocchio, publié initialement par Carlo Collodi en 1883, a connu d’innombrables adaptations au fil des ans. La version du Globe, avec un livre et des paroles de Charlie Josephine et une musique de Jim Fortune, se distingue par son approche novatrice. Au lieu de se concentrer sur les péripéties de Pinocchio et sa quête pour devenir un « vrai garçon », la production explore l’influence qu’il exerce sur les autres personnages qu’il croise.
Selon les créateurs, Pinocchio « inspire tous les autres personnages à embrasser leur humanité ». Si cette idée est séduisante, elle a pour conséquence de diluer l’importance du parcours personnel de Pinocchio, rendant sa transformation finale moins poignante. Néanmoins, la production parvient à insuffler un nouveau souffle à cette histoire bien connue.
La musique, interprétée par des musiciens visibles et joyeux, installés sur un balcon plutôt que cachés, contribue à l’ambiance festive et rappelle les spectacles de fin de soirée. Les chansons sont entraînantes et agréables à écouter.
La mise en scène, signée Sean Holmes, est audacieuse et inventive, combinant marionnettes, musique et une touche de panto – un clin d’œil à la tradition théâtrale britannique, particulièrement approprié en période de Noël. Les acteurs brisent régulièrement le quatrième mur, s’adressant directement au public et ajoutant une dimension humoristique et interactive au spectacle.
Lee Braithwaite incarne Pinocchio avec chaleur et réalisme, aidé par les marionnettistes Aya Nakamura et Andrea Sadler. Ed Gaughan, dans le rôle de Franzini, séduit le public par son esprit vif, tandis que Lucy McCormick apporte une touche funky et décalée à son personnage de Chat/Fée Bleue. Steven Webb, en Giacomo Cricket/Le Cocher, offre une interprétation délirante et adaptée à tous les âges, évoquant parfois une version psychédélique de Disney.
Les costumes, supervisés par Megan Rarity, sont colorés et extravagants. Cependant, les costumes complexes des marionnettistes, en noir et blanc, peuvent parfois distraire l’attention des marionnettes elles-mêmes. Bien que l’intention soit peut-être de souligner l’importance de voir tous les acteurs comme des êtres humains, l’agitation visuelle peut nuire à la concentration.
La conception des marionnettes et la scénographie de Peter O’Rourke sont réussies et agréables à regarder. Le nez de Pinocchio, dont l’allongement est un élément emblématique du conte, aurait pu être plus spectaculaire, mais la représentation de la Baleine (ou Dogfish) est particulièrement impressionnante.
La production s’efforce de rester fidèle aux origines italiennes de l’histoire, mais certaines références culturelles peuvent verser dans le cliché. L’utilisation de quelques expressions italiennes, comme « Mamma mia », peut sembler un peu forcée et stéréotypée.
Pinocchio au Globe de Shakespeare est un spectacle familial magique, rempli de charme festif, de musique entraînante et d’imagination. Malgré quelques imperfections, il offre une relecture vivante et agréable d’un conte classique, en lui insufflant un nouveau sens. C’est une expérience enchanteresse pour les petits et les grands.
**** Quatre étoiles
Critique : Diana Feng
Pinocchio est joué au Shakespeare’s Globe de Londres jusqu’au 4 janvier, pour plus d’informations cliquez ici.
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