Publié le 7 décembre 2025 à 23h43. Une étude menée par Johns Hopkins Medicine suggère que le sulfure d’hydrogène, un gaz naturellement produit par l’organisme, pourrait avoir un effet protecteur sur les cellules cérébrales vieillissantes, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives dans la prévention de la maladie d’Alzheimer.
- Des recherches ont établi un lien entre le sulfure d’hydrogène et l’amélioration des fonctions cognitives et motrices chez des souris présentant des symptômes similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer.
- Le mécanisme d’action repose sur la sulfhydratation chimique, qui modifie les protéines cibles et empêche la formation d’amas protéiques nocifs pour les neurones.
- Ces résultats prometteurs pourraient conduire au développement de nouvelles thérapies pour ralentir, voire inverser, la progression de la maladie d’Alzheimer.
Des scientifiques de Johns Hopkins Medicine ont découvert que le sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz connu pour son odeur caractéristique d’œuf pourri, pourrait jouer un rôle inattendu dans la protection du cerveau vieillissant. Bien que présent en faibles quantités dans le corps humain, ce composé semble exercer un effet bénéfique sur la santé neuronale.
L’étude, publiée dans les Proceedings of the National Academies of Sciences, a porté sur des souris génétiquement modifiées pour reproduire les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont administré à ces souris un composé appelé NaGYY, capable de libérer des molécules de sulfure d’hydrogène. Les résultats ont révélé une amélioration de 50 % des fonctions cognitives et motrices chez les souris traitées, par rapport au groupe témoin.
Selon les chercheurs, l’effet protecteur du sulfure d’hydrogène est lié à un processus appelé sulfhydratation chimique. Ce processus modifie certaines protéines cibles, notamment l’enzyme glycogène synthase β (GSK3β). En l’absence de sulfure d’hydrogène, GSK3β forme une liaison nuisible avec la protéine tau, conduisant à l’accumulation d’amas protéiques qui perturbent la communication entre les neurones et finissent par provoquer leur mort.
« En modifiant ces protéines, le sulfure d’hydrogène semble empêcher la formation de ces agrégats toxiques et préserver ainsi la fonction neuronale », expliquent les auteurs de l’étude. Bien que ces résultats soient encourageants, ils soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes précis en jeu et développer des traitements potentiels à base de sulfure d’hydrogène.
Cette découverte ouvre de nouvelles voies pour la recherche de thérapies innovantes capables de ralentir, voire d’inverser, la progression de la maladie d’Alzheimer, une pathologie neurodégénérative qui touche des millions de personnes dans le monde.
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