Home SantéL’Angleterre confirme la présence d’un nouveau variant du virus Mpox : quels sont ses symptômes ?

L’Angleterre confirme la présence d’un nouveau variant du virus Mpox : quels sont ses symptômes ?

by Sophie Martin

Publié le 8 décembre 2025 à 17h37. Une nouvelle souche génétiquement distincte du mpox, issue du clade Ib, a été identifiée en Angleterre, relançant la vigilance des autorités sanitaires face à l’évolution constante de ce virus zoonotique.

  • Un premier cas de mpox du clade Ib, non documenté auparavant en dehors de l’Afrique, a été confirmé au Royaume-Uni.
  • Les experts analysent si cette souche présente des caractéristiques différentes en termes de symptômes, de transmissibilité ou de réponse aux vaccins.
  • L’identification de ce variant souligne l’importance de la surveillance génomique et de la préparation face aux maladies émergentes.

L’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a confirmé la détection de ce premier cas de mpox du clade Ib sur le territoire britannique. La personne infectée avait récemment séjourné dans un pays d’Afrique de l’Ouest où cette variante circule. Cette découverte a immédiatement déclenché les protocoles de suivi des contacts afin de limiter toute propagation.

Le mpox, anciennement connu sous le nom de variole du singe, est une maladie virale rare causée par un orthopoxvirus apparenté au virus de la variole. Traditionnellement endémique en Afrique centrale et occidentale, le virus a démontré une capacité inquiétante à se propager au-delà de ses zones habituelles et à s’adapter génétiquement.

La souche du clade Ib identifiée au Royaume-Uni représente une divergence génétique par rapport aux variants de mpox qui avaient circulé mondialement en 2022. Selon l’UKHSA, cette version du virus n’avait jusqu’à présent jamais été signalée en dehors du continent africain, ce qui rend son apparition en Angleterre particulièrement préoccupante.

Les scientifiques s’efforcent désormais de déterminer si cette nouvelle souche pourrait présenter des différences en termes de symptômes, de facilité de transmission ou de sensibilité aux vaccins existants. Bien qu’il n’y ait pour l’instant aucune indication d’une propagation accrue, cette mutation souligne la capacité du virus à évoluer en fonction de son environnement et de ses hôtes, une caractéristique typique des menaces zoonotiques.

L’UKHSA a identifié cette souche grâce au séquençage génomique, un outil de plus en plus utilisé pour suivre l’évolution des agents pathogènes émergents. Le virus a été isolé chez un patient ayant développé des symptômes peu après son retour d’un voyage à l’étranger. L’infection est liée au clade Ib, une variante moins connue de mpox qui n’était pas associée à l’épidémie mondiale de 2022.

Une analyse génomique comparative avec des échantillons africains suggère que ce variant est endémique dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest, mais qu’il est probablement sous-diagnostiqué en raison d’un accès limité aux infrastructures de test.

Le mpox se manifeste généralement par de la fièvre, un gonflement des ganglions lymphatiques, une éruption cutanée et des lésions ressemblant à des boutons de variole. Lors de l’épidémie de 2022, certains cas avaient également présenté des lésions génitales et rectales, entraînant une gêne importante et des complications chez certains patients.

Les autorités sanitaires invitent le public, en particulier les voyageurs revenant de régions endémiques, à surveiller l’apparition de symptômes tels que des lésions cutanées ou un syndrome grippal et à consulter rapidement un médecin en cas de doute.

Le virus se transmet par un contact physique étroit, par l’exposition à des surfaces ou à du linge de lit contaminés, et par des gouttelettes respiratoires. Lors de l’épidémie de 2022, le mpox avait touché de manière disproportionnée les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), en raison de la nature des contacts étroits au sein de certains réseaux sociaux. Cependant, les experts soulignent que toute personne peut contracter le mpox, en particulier en cas d’exposition à des environnements insalubres ou de contact direct avec une personne infectée.

L’UKHSA collabore avec des partenaires internationaux et les services de santé locaux pour surveiller l’apparition de nouveaux cas et mettre à jour les recommandations cliniques au fur et à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. Les contacts étroits de la personne infectée ont été invités à s’isoler et à surveiller leurs symptômes pendant 21 jours.

Parallèlement, des laboratoires étudient l’efficacité des vaccins contre le mpox existants face à cette nouvelle souche. Le vaccin modifié contre la vaccine Ankara (MVA-BN), utilisé lors des épidémies précédentes, a démontré une protection croisée contre plusieurs orthopoxvirus. Des recherches sont en cours pour déterminer s’il conserve son efficacité contre le clade Ib.

Cette situation soulève également des questions sur le financement de la préparation aux pandémies, l’accès aux vaccins dans les régions endémiques et les inégalités mondiales en matière de surveillance des agents pathogènes, qui permettent à de tels variants d’émerger et de se propager sans être détectés.

L’émergence d’une nouvelle souche de mpox en Angleterre est plus qu’une simple curiosité virologique : c’est un signal d’alarme. Les maladies zoonotiques ne connaissent pas de frontières, et une attitude trop complaisante envers les infrastructures de santé mondiale ne fera qu’accélérer leur propagation. Alors que nous entrons dans une nouvelle phase d’évolution virale imprévisible, il est essentiel de se demander si nous sommes en train de surveiller et de nous préparer, ou simplement de réagir après coup.

En attendant d’en savoir plus, la meilleure défense reste la sensibilisation, la vaccination et une réponse rapide. Et si vous prévoyez de voyager à l’étranger, en particulier dans des régions où le mpox est endémique, consultez votre médecin : la prévention reste le meilleur remède.

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