Publié le 8 décembre 2024 à 21h49. Quatre soldats russes ont été condamnés par un tribunal de Donetsk, dans la région éponyme contrôlée par Moscou, pour le meurtre d’un citoyen américain ayant combattu aux côtés des séparatistes pro-russes depuis 2014. Cette condamnation, rare en contexte de conflit, intervient alors que les forces russes sont régulièrement accusées de violations des droits humains en Ukraine.
- Un tribunal de Donetsk a reconnu coupables quatre militaires russes du meurtre de Russell Bentley, un Américain de 64 ans.
- Les soldats ont été condamnés à des peines allant de 18 mois à 12 ans de prison, avec une rétrogradation.
- Russell Bentley, connu sous le pseudonyme de « Texas », était une figure médiatique locale et soutenait activement l’effort de guerre russe.
Les faits se sont déroulés en avril 2024. Selon le tribunal de Donetsk, les soldats ont arrêté Russell Bentley, qu’ils soupçonnaient d’être un saboteur américain, alors qu’il s’apprêtait à filmer les dégâts causés par une frappe ukrainienne. Ils l’ont ensuite battu et torturé dans le but d’obtenir des aveux, avant de le tuer et de se débarrasser de son corps de manière particulièrement brutale : il a été jeté du coffre d’une voiture en mouvement.
Deux des accusés, le major Vitalij Vansjacký et le lieutenant Andrej Jordanov, ont écopé de 12 ans de prison et ont été privés de leurs grades militaires. Le sergent Vladislav Agaltsev a été condamné à 11 ans de réclusion, tandis qu’un quatrième soldat, dont le nom n’a pas été divulgué, a reçu une peine de 18 mois pour « recel d’activités criminelles ». Le tribunal a pris en compte, comme facteur atténuant, le fait que les soldats ne connaissaient pas la victime et l’avaient interpellée par erreur, pensant qu’elle était un espion.
Russell Bentley, ancien militaire américain, avait acquis la citoyenneté russe et se présentait comme le seul Américain combattant du côté de Moscou. Il était devenu une personnalité connue à Donetsk, où il vivait, en publiant régulièrement des vidéos de propagande sur les réseaux sociaux et en collaborant avec des médias pro-russes. En 2022, il avait confié au magazine Newsweek qu’il avait échappé à la mort à plusieurs reprises, affirmant avoir eu « de la chance » et être protégé par des « anges gardiens ».
Cette condamnation, bien que prononcée par un tribunal sous contrôle russe, est notable car Moscou se montre rarement disposée à punir ses soldats pour des crimes commis en Ukraine, les présentant souvent comme des héros. Parallèlement, les forces russes sont régulièrement accusées par Kiev et par les organisations internationales de défense des droits humains de torture et de mauvais traitements infligés aux prisonniers.
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