Bruxelles a ouvert une enquête approfondie sur les pratiques de Google concernant l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur pour alimenter ses services d’intelligence artificielle (IA). L’Union européenne soupçonne le géant américain de ne pas suffisamment compenser les éditeurs de presse et les créateurs de contenu.
L’enquête, menée par la Commission européenne, vise à déterminer si Google a imposé des conditions commerciales injustes aux éditeurs et aux créateurs de contenu, tout en entravant le développement de modèles d’IA concurrents. Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la concurrence, a déclaré : « Nous enquêtons pour savoir si Google a pu imposer des conditions injustes aux éditeurs et aux créateurs de contenu, tout en désavantageant les développeurs de modèles d’intelligence artificielle concurrents, en violation des règles de concurrence de l’UE. »
Plusieurs voix se sont élevées pour saluer l’ouverture de cette enquête. Mario Furore et Gaetano Pedullà, députés européens du Mouvement 5 étoiles, ont qualifié cette initiative de « bonne nouvelle pour la presse et le journalisme libres ». Ils avaient interpellé la Commission européenne sur cette question, dénonçant un « abus de position dominante ».
Les éditeurs de presse se plaignent d’une baisse significative du trafic provenant des moteurs de recherche, estimée à 30 %, et d’une augmentation des recherches ne générant pas de clics vers des sources externes. Ce phénomène, attribué à la fonctionnalité « AI Overviews » de Google, est perçu comme une utilisation abusive des contenus des éditeurs européens et italiens grâce à l’IA.
« Nous attendons avec confiance le résultat de cette enquête », ont déclaré les députés du Mouvement 5 étoiles. La Commission européenne a récemment présenté une proposition visant à réglementer l’expansion de l’intelligence artificielle, et le Mouvement 5 étoiles s’engage à contribuer à ce processus.
Le parti Forza Italia a également exprimé son soutien à cette initiative. Maurizio Gasparri, président des sénateurs italiens, a affirmé : « Ces géants ne peuvent pas continuer à piller impunément n’importe quel contenu numérique, en modifiant le marché et en bénéficiant de l’immunité fiscale. »