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Alors que le marché intérieur chinois se remplit de voitures électriques avec des marques comme BYD en tête, elle a décidé d’exporter des millions de véhicules à essence vers des pays comme le Mexique, où la demande continue de croître, pour ne pas arrêter de produire ou générer des pertes.

Publié le 9 décembre 2025. Alors que son marché intérieur se tourne massivement vers le véhicule électrique, la Chine inonde désormais le monde de voitures à essence, une stratégie qui bouleverse la concurrence automobile et inquiète les constructeurs…

Alors que le marché intérieur chinois se remplit de voitures électriques avec des marques comme BYD en tête, elle a décidé d’exporter des millions de véhicules à essence vers des pays comme le Mexique, où la demande continue de croître, pour ne pas arrêter de produire ou générer des pertes.

Publié le 9 décembre 2025. Alors que son marché intérieur se tourne massivement vers le véhicule électrique, la Chine inonde désormais le monde de voitures à essence, une stratégie qui bouleverse la concurrence automobile et inquiète les constructeurs occidentaux.

  • La Chine devrait représenter 30 % du marché automobile international d’ici fin 2025.
  • Cette stratégie est motivée par une surcapacité de production et une baisse des ventes internes.
  • L’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et une partie de l’Europe sont particulièrement concernées.

La Chine poursuit une stratégie paradoxale : alors que le pays est devenu le premier marché mondial pour les véhicules électriques, grâce à des subventions gouvernementales et à l’émergence de nouvelles marques dédiées, elle continue de produire massivement des voitures à moteur thermique et les exporte à grande échelle. Cette tendance, qui s’est accélérée depuis 2020, pourrait représenter 30 % du marché automobile mondial d’ici 2030, selon les estimations.

Cette offensive est le résultat d’une combinaison de facteurs. La surcapacité industrielle, la baisse des ventes sur le marché intérieur chinois et une forte pression concurrentielle poussent les constructeurs chinois à chercher de nouveaux débouchés. Le pays dispose d’une capacité de production de près de 30 millions de véhicules thermiques par an, une infrastructure qu’il est difficile d’arrêter brutalement sans engendrer des pertes économiques importantes.

Pour les marques occidentales, cette situation représente une concurrence directe sur plusieurs fronts : prix, volume de production et technologie. Selon Felipe Muñoz, analyste chez JATO Dynamics, « le véritable affrontement entre fabricants chinois et traditionnels ne se produit pas en Europe ou aux États-Unis. Cela se produit sur les marchés émergents ».

Les principaux marchés visés par cette expansion sont l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et, dans une moindre mesure, l’Europe de l’Est. La Pologne est un exemple frappant, avec l’arrivée de 33 marques chinoises en seulement deux ans. MG, filiale de SAIC, a également connu une croissance significative en Europe, avec 243 400 voitures vendues en 2024, dont 81 500 rien qu’au Royaume-Uni. Bien que MG propose des véhicules électriques, ses meilleures ventes restent les modèles essence et hybrides.

Le Mexique est devenu un point stratégique dans cette stratégie d’exportation, concentrant déjà 14 % des exportations chinoises. Cependant, la pression des États-Unis, qui craignent que le Mexique ne devienne une « porte dérobée » pour l’importation de voitures chinoises à bas prix, a conduit à une augmentation des tarifs douaniers, qui atteignent désormais entre 20 % et 50 %. Washington s’inquiète du fait que 90 % des produits exportés par le Mexique vers les États-Unis bénéficient de droits de douane nuls.

Les marques chinoises qui mènent cette expansion sont notamment SAIC (propriétaire de MG), Dongfeng et BYD. SAIC, par exemple, a vu ses ventes de voitures à essence chuter en Chine (de 1,4 million d’unités en 2020 à 430 000 en 2024), mais a multiplié ses exportations par plus de deux sur la même période (passant de 400 000 à plus d’un million de voitures). Dongfeng a également quadruplé ses exportations en cinq ans.

Selon les données analysées par Reuters et Motorpasión, 76 % des exportations automobiles chinoises sont constituées de modèles à moteur thermique. Entre janvier et octobre, 4,3 millions de voitures à essence ont été exportées, ce qui fait de la Chine le premier exportateur mondial de véhicules à combustion interne.

Pour les consommateurs, cette situation pourrait se traduire par des voitures moins chères, une plus grande variété de modèles et une concurrence accrue qui pourrait contraindre les marques traditionnelles à baisser leurs prix ou à améliorer leurs équipements. Cependant, cela implique également une dépendance croissante à l’égard de l’industrie chinoise et des ajustements possibles des tarifs douaniers, ainsi qu’une plus grande difficulté pour les marques locales à rester compétitives.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.