Les entreprises autrichiennes peinent à suivre la cadence des menaces cybernétiques croissantes, malgré une prise de conscience accrue des risques liés aux attaques de la chaîne d’approvisionnement et à l’intelligence artificielle. Une nouvelle étude révèle un manque d’investissement significatif dans la cybersécurité, laissant potentiellement les organisations vulnérables.
Selon l’étude « Perspectives mondiales sur la confiance numérique 2026 », menée par les consultants de PwC auprès de plus de 3 800 dirigeants de 72 pays, dont l’Autriche, seulement 45 % des entreprises autrichiennes envisagent d’augmenter leurs dépenses en cybersécurité au cours des 12 à 18 prochains mois. Ce chiffre contraste fortement avec la moyenne mondiale de 60 %.
Georg Beham, responsable de la cybersécurité chez PwC Autriche, explique que, contrairement à leurs homologues internationaux qui investissent activement dans les nouvelles technologies, les entreprises autrichiennes se concentrent principalement sur la rédaction de directives et de concepts. « En Autriche, les lignes directrices et les concepts sont principalement écrits, tandis que les entreprises internationales investissent réellement dans les nouvelles technologies », a-t-il déclaré à KURIER.
L’étude met en évidence une pénurie mondiale de professionnels qualifiés en cybersécurité, en particulier dans le domaine de l’IA. Près d’un dirigeant sur deux interrogé à l’échelle mondiale considère ce manque de compétences comme l’un des plus grands défis des années à venir. En Autriche, 55 % des entreprises investissent dans la formation continue et le perfectionnement de leurs employés en matière de cybersécurité, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne mondiale de 47 %.
La pression réglementaire est le principal moteur d’investissement en cybersécurité pour les entreprises autrichiennes. Elles agissent principalement en réaction aux obligations légales, investissant uniquement lorsqu’elles y sont contraintes. « Dans les domaines où les exigences réglementaires sont élevées et étroitement surveillées, il existe également un niveau de sécurité correspondant », précise M. Beham, citant les secteurs bancaire, énergétique et des télécommunications comme exemples.
L’étude révèle également un manque de préparation face aux menaces futures, notamment l’arrivée imminente de l’informatique quantique. Les ordinateurs quantiques pourraient potentiellement briser le cryptage conventionnel en quelques secondes, un événement que les experts appellent le « Jour Q ». Seulement environ 20 % des entreprises autrichiennes sont actuellement en phase de mise en œuvre de technologies résistantes à la quantification ou de mesures de sécurité associées. De nombreuses entreprises nationales n’envisagent même pas cette possibilité, selon M. Beham.
« Il est crucial d’aborder ce problème de manière pragmatique et de déterminer d’abord quelles technologies sont réellement utilisées dans le cryptage », conseille-t-il. L’expert souligne que l’inaction face à l’évolution rapide des outils d’attaque représente un risque élevé pour toutes les entreprises. « Il faudra davantage de courage et des investissements ciblés dans les technologies modernes et des améliorations continues de la sécurité pour rester résilientes à long terme », conclut-il.