L’accès aux soins de santé devient un défi croissant, tant en termes de coût que de disponibilité. Face à cette réalité, des innovations technologiques prometteuses, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, pourraient révolutionner la prise en charge des patients et démocratiser l’accès à des services médicaux de qualité.
Pour le Dr Rohit Sharma, clinicien de formation et fondateur de ZINI.ai, la situation actuelle est alarmante. Il témoigne d’une difficulté grandissante à offrir aux patients le temps et l’attention nécessaires, exacerbée par la hausse des populations et les contraintes financières. « Nous sommes tous à un cheveu de la faillite en cas de maladie grave, surtout sans assurance adéquate », souligne-t-il. C’est cette constatation qui l’a poussé à développer ZINI, une IA dédiée à la santé, qu’il considère comme une première étape vers un avenir plus accessible.
Le Dr Sharma envisage un futur où des chatbots alimentés par l’IA prendront en charge les premières phases du diagnostic, de l’analyse des symptômes à la suggestion d’examens complémentaires et de traitements potentiels. Il imagine une automatisation progressive des cinq étapes clés de la prise en charge, permettant de soulager les professionnels de santé et de réduire les coûts.
Plusieurs avancées technologiques confirment cette vision. Des applications comme ADA et ZINI se distinguent déjà par leur précision dans l’analyse des symptômes. Des capteurs numériques, tels que les bracelets connectés Fitbit et Mi Band, permettent désormais de mesurer des paramètres vitaux comme le pouls, la température et la pression artérielle de manière fiable. Des IA sont également capables d’analyser les sons cardiaques et pulmonaires avec une précision parfois supérieure à celle d’un médecin, comme le démontre Stethee.
Ces outils pourraient donner naissance à des « OPD ZINI » (centres de soins externes ZINI), des structures automatisées capables de fournir une première évaluation et un premier orientation des patients, même dans des zones reculées ou des environnements extrêmes comme les vaisseaux spatiaux. L’automatisation de ces étapes initiales pourrait prendre en charge 30 à 35 % des patients, en particulier dans le secteur des soins primaires, tout en améliorant l’efficacité et la collecte de données.
Mais l’innovation ne s’arrête pas là. Des entreprises comme AiDoc et Qure.ai développent des algorithmes d’interprétation radiologique, tandis que Google a mis au point des IA capables de détecter la rétinopathie diabétique avec une précision supérieure à celle des humains. Dans le domaine pharmaceutique, des entreprises comme FabRx et Cyclepharma expérimentent l’impression 3D de médicaments à domicile, réduisant potentiellement les coûts de distribution. Des recherches encore plus ambitieuses visent à imprimer en 3D des tissus et des organes humains, avec des percées récentes réalisées par des scientifiques de l’université de Tel-Aviv qui ont réussi à imprimer un cœur humain fonctionnel à partir de cellules biologiques.
La chirurgie assistée par robot se démocratise également, et des robots autonomes capables de prélever des échantillons de sang sont déjà en développement. Le Dr Sharma est convaincu que ces avancées, combinées à une réglementation adaptée, pourraient transformer radicalement le paysage des soins de santé dans les 3 à 5 prochaines années, rendant les services médicaux accessibles à tous, sur Terre et au-delà.
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