Une étude française d’envergure relance le débat sur la sécurité des édulcorants artificiels, suggérant un lien possible entre une consommation élevée, notamment d’aspartame et d’acésulfame-K, et un risque accru de certains cancers. Les résultats, basés sur l’analyse des données de plus de 100 000 adultes, interrogent l’innocuité de ces substituts de sucre largement utilisés.
L’étude, menée par des chercheurs de l’Inserm, de l’INRAE, de l’Université Sorbonne Paris Nord et du Cnam, s’est appuyée sur les données de l’étude NutriNet-Santé. Les participants ont détaillé leurs habitudes alimentaires, leur niveau d’activité physique et leurs antécédents médicaux. Après avoir pris en compte des facteurs tels que l’âge, le sexe, le tabagisme, l’indice de masse corporelle et les antécédents familiaux de cancer, les scientifiques ont observé une corrélation significative.
« Les personnes qui consommaient le plus d’édulcorants, en particulier d’aspartame et d’acésulfame-K, avaient un risque plus élevé de développer un cancer, tous types de cancers confondus », ont constaté les chercheurs. Les risques semblaient plus prononcés pour le cancer du sein et les cancers liés à l’obésité.
Si la Fondation contre le cancer en Belgique souligne qu’« aucun effet cancérigène n’a jamais été établi pour l’aspartame ou le stévia […] mais qu’il a pu être constaté chez les animaux, dans le cas d’une consommation de très fortes doses d’acésulfame-K, de cyclamate et de saccharine », cette nouvelle étude apporte des éléments supplémentaires à la discussion.
« Ces résultats ne soutiennent pas l’utilisation d’édulcorants en tant qu’alternatives sûres au sucre et fournissent de nouvelles informations pour répondre aux controverses sur leurs potentiels effets néfastes sur la santé », alertent les auteurs de l’étude. Ils estiment que ces données sont importantes pour la réévaluation de ces produits par les agences sanitaires.