Publié le 14 décembre 2025 08:52. Alors qu’il tente de relancer sa popularité, le président Donald Trump a multiplié les annonces économiques et les promesses de baisse des prix, tout en minimisant l’impact de sa propre politique sur le pouvoir d’achat des Américains. Cette volte-face intervient alors que l’opposition démocrate capitalise sur les difficultés économiques pour regagner du terrain.
- Donald Trump tente de repositionner son discours sur l’économie en mettant l’accent sur l’abordabilité, après avoir longtemps nié l’inflation.
- Les données économiques contredisent les affirmations du président, avec une augmentation du chômage et une baisse de la confiance des consommateurs.
- L’opposition démocrate voit dans la crise du coût de la vie une opportunité de reconquête politique, comme en témoigne la récente victoire à Miami.
Le président américain a choisi un casino dans les montagnes Poconos, en Pennsylvanie, un comté qui a basculé du soutien à Joe Biden en 2020 vers un vote en faveur de Trump l’année dernière, pour prononcer un discours axé sur l’économie. Il a présenté une série de mesures destinées à rendre les produits plus abordables, tout en affirmant que l’inflation était un « canular ».
Dans son allocution, le président a improvisé, insistant sur le fait que « l’abordabilité est un canular ».
« Ils disent qu’il (Trump) ne se rend pas compte que les prix sont élevés. Les prix baissent considérablement. Cela a toujours été un canular, le nouveau mot est abordabilité. »
Donald Trump, président des États-Unis
Il a également affirmé que son administration était en train de « détruire l’inflation » en baissant les prix et en augmentant les salaires.
Cette nouvelle stratégie contraste avec les déclarations antérieures de Trump, qui avait régulièrement minimisé l’impact de l’inflation sur le quotidien des Américains. Quelques heures avant son discours, dans une interview accordée à Politico, il s’était attribué une note de « A+++++ » pour sa gestion économique.
Cependant, les chiffres économiques peignent un tableau différent. Le secteur privé a perdu 32 000 emplois en novembre, marquant le sixième mois consécutif de baisse. La confiance des consommateurs est au plus bas, et la perception de leur situation financière est la plus sombre depuis 2009, selon l’Université du Michigan. L’inflation, qui avait commencé à se stabiliser à la fin du mandat de Joe Biden, a de nouveau augmenté, atteignant 3 % en septembre (derniers chiffres disponibles) par rapport à l’année précédente.
L’administration Trump a annoncé plusieurs mesures de soutien, notamment une réduction des droits de douane sur certains produits alimentaires et une aide de 12 milliards de dollars (environ 11,1 milliards d’euros) au secteur agricole. Des mesures de secours pour les agriculteurs ont également été mises en place. Un sauvetage de 12 milliards de dollars pour les agriculteurs a été approuvé. Le président a également abaissé les normes de consommation de carburant des véhicules pour réduire le prix des automobiles et annoncé des accords avec des entreprises pharmaceutiques pour diminuer le coût de certains médicaments.
L’opposition démocrate, après une période de difficultés, a trouvé un nouveau souffle dans la question du coût de la vie. La victoire de leur candidate, Eileen Higgins, à la mairie de Miami, après trois décennies de règne républicain, est un signe de cette dynamique. Des succès électoraux en Virginie et au New Jersey ont également confirmé cette tendance.
La Maison Blanche prévoit de multiplier les discours et les événements pour expliquer sa stratégie économique aux Américains avant les élections de mi-mandat de novembre prochain, où le contrôle des deux chambres du Congrès sera en jeu. Le porte-parole de la Maison Blanche, Kush Desai, a déclaré qu’« il y avait beaucoup de travail à faire », mais que « mettre fin à l’inflation et à la crise des prix abordables provoquée par Joe Biden était une priorité pour le président Trump depuis le premier jour de son mandat ».
Selon un sondage de Politico publié la semaine dernière, 46 % des Américains estiment que Trump et son gouvernement sont responsables des problèmes économiques actuels, tandis que 37 % des électeurs républicains considèrent que le coût de la vie est leur principale préoccupation.