Sept acteurs économiques de la Mauricie et du Centre-du-Québec affirment que leur priorité absolue face aux élections québécoises n’est pas l’obtention de subventions publiques, mais plutôt une réduction drastique de la bureaucratie et de la réglementation gouvernementale qui freinent leur productivité.
La bureaucratie pèse sur les PME québécoises
Interrogés sur l’aide que le prochain gouvernement du Québec pourrait apporter aux petites et moyennes entreprises, sept dirigeants et représentants du milieu des affaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont désigné l’allègement du fardeau administratif comme leur première attente. L’accumulation des règles imposées par les différents paliers de gouvernement ralentit considérablement leurs opérations.
Autour de la table de discussion, les entrepreneurs ont partagé une expression colorée pour qualifier l’uniformité rigide des politiques publiques. Ils décrivent la bureaucratie de la haie de cèdres
, comparant les réglementations gouvernementales à une haie taillée partout à la même hauteur, sans égard aux particularités ou à la flexibilité nécessaire pour chaque type d’entreprise, selon les propos recueillis par La Presse.

Des règles rigides en immigration et construction
Cédrick Therrien, propriétaire de deux entreprises manufacturières — Brouillette portes et fenêtres ainsi que Recoupage Québec —, dénonce les délais administratifs entourant le permis de travail de l’un de ses vendeurs dont le document est échu depuis mai, alors que sa famille est installée au Québec.
C’est le tiers de ma force de ventes. Je suis allé le recruter, j’ai payé pour le faire venir. Il travaille ici, paie ses impôts. Les entrepreneurs, on n’est pas des caves. Pensez-vous qu’on irait se compliquer la vie si on pouvait embaucher des gens d’ici?
Anick Métivier, PDG du port de Trois-Rivières, a rapporté qu’un employé qualifié d’origine française, titulaire de deux diplômes universitaires, s’est vu demander par le gouvernement de passer un test de français et de fournir ses bulletins d’études secondaires pour le renouvellement de son permis de travail.
Les retards bloquent les logements et l’industrie
Isabelle Rinfret, vice-présidente d’Arvisais Construction, souhaitait bâtir 48 logements abordables en marge de ses activités de construction de logements locatifs haut de gamme. Les délais d’obtention des autorisations et des changements de zonage ont été tels que les fonds publics disponibles pour financer le projet étaient épuisés au terme des démarches.
Les entreprises manufacturières suggèrent la création d’un poste de ministre de l’Industrie manufacturière, tandis que l’ensemble du groupe propose l’implantation d’un guichet unique destiné aux entreprises.