La société belge Sabena Engineering a dénoncé les informations affirmant que la maintenance des avions de chasse F-16 fournis à l’Ukraine accuserait des retards de quarante semaines. Ces allégations, initialement parues dans la presse américaine, se heurtent à la pression subie par la défense aérienne ukrainienne.
L’entreprise aéronautique basée en Belgique a pris position par l’intermédiaire d’un communiqué officiel. Sabena Engineering a dénoncé des informations erronées
tout en exprimant sa vive préoccupation quant à l’origine et la diffusion de telles informations trompeuses
selon les déclarations relayées par la presse spécialisée.
Origine des critiques du Wall Street Journal sur les contrats de maintenance
La polémique trouve son origine dans une publication des pages d’opinion du journal américain The Wall Street Journal. L’article soutenait que l’armée de l’air ukrainienne ne pouvait pas compter sur la majorité de ses appareils en raison de délais de révision jugés excessifs en Europe. Alors qu’une inspection aux États-Unis demande habituellement entre deux et six semaines, le processus en Belgique atteindrait quarante semaines, d’après les affirmations d’un amiral à la retraite de la marine américaine mentionné dans l’enquête.

En janvier dernier, le Pentagone a attribué à l’entreprise belge un contrat estimé à environ 235,5 millions de dollars, soit près de 200 millions d’euros, pour assurer l’entretien de ces chasseurs d’origine américaine jusqu’en 2029. Sabena Engineering a invoqué des impératifs de sécurité pour refuser de divulguer des chiffres précis sur la disponibilité réelle des appareils, tout en soulignant les défis complexes liés aux chaînes d’approvisionnement.
Pression opérationnelle et intensité des attaques russes
D’après les informations de la presse économique, plus de la moitié des F-16 actuellement en service se trouvent immobilisés en phase de maintenance.

Depuis le début de l’invasion en février 2022, la coalition occidentale composée du Danemark, des Pays-Bas, de la Norvège et de la Belgique a promis environ 110 appareils, dont une cinquantaine ont déjà été transférés à Kiev. Au moins quatre de ces avions ont été perdus en opération, et la cadence des missions s’est accélérée pour faire face à l’utilisation massive de drones à réaction par Moscou, avec environ 2 000 engins recensés pour le seul mois de septembre 2026.
Pénurie de munitions et recours aux drones intercepteurs
Les stocks de munitions air-air, notamment les missiles AIM-9 Sidewinder et AIM-120 AMRAAM, subissent une érosion rapide en raison d’une double consommation par les chasseurs et par les systèmes de défense sol-air NASAMS. Cette situation contraint parfois les pilotes à recourir au canon de bord lors de leurs interceptions.
En raison d’une pénurie de missiles, les pilotes ukrainiens sont contraints de prendre des risques et d’utiliser les canons de bord de leurs appareils. Cela exige des manœuvres précises, car ils doivent trouver le point de tir adéquat alors que la cible se déplace à une vitesse supérieure à 400 km/h.
Yurii Ihnat, chef du département des communications de l’armée de l’air ukrainienne, via BFM
Kiev a officialisé un accord avec la Belgique prévoyant le transfert de trois F-16 supplémentaires d’ici la fin de l’année, tout en accélérant le développement d’une nouvelle génération de drones intercepteurs déjà déployés avec succès sur le front.