Le Hamas se dit ouvert à un « gel » de ses armements, mais rejette catégoriquement toute idée de désarmement complet, a déclaré mercredi son chef, Khaled Meshaal. Cette position intervient alors que les négociations pour un cessez-le-feu durable à Gaza, parrainé par les États-Unis, sont au point mort.
Dans une interview accordée à la chaîne qatarie Al Jazeera, Meshaal a précisé que le groupe palestinien pourrait accepter une suspension ou un stockage de ses armes, à condition que cela constitue une garantie contre une reprise des hostilités israéliennes. « L’idée d’un désarmement total est inacceptable pour la résistance », a-t-il affirmé. « Ce qui est proposé est un gel, ou un stockage… pour fournir des garanties contre toute escalade militaire depuis Gaza avec l’occupation israélienne. »
Selon Meshaal, une telle approche pourrait être acceptable pour l’administration américaine, à condition d’une attitude pragmatique. « C’est l’idée dont nous discutons avec les médiateurs, et je crois qu’avec une pensée américaine pragmatique… une telle vision pourrait être convenue », a-t-il ajouté.
L’accord de cessez-le-feu actuel, en vigueur depuis le 10 octobre 2023, a mis fin à la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Cependant, il reste fragile, Israël et le Hamas s’accusant mutuellement de violations quasi quotidiennes.
Ce plan de cessez-le-feu est structuré en trois phases. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a récemment indiqué qu’il s’apprêtait à entrer dans la deuxième phase, qui prévoit le retrait progressif des troupes israéliennes de Gaza et leur remplacement par une Force internationale de stabilisation (FIS), en contrepartie du dépôt des armes par le Hamas.
Le Hamas, cependant, refuse catégoriquement cette perspective. « Pour un Palestinien, le désarmement signifie lui arracher son âme. Atteignons cet objectif d’une autre manière », a déclaré Meshaal.
Lors de la première phase de l’accord, les militants palestiniens se sont engagés à libérer les 48 otages vivants et décédés détenus dans le territoire. Tous les otages ont été libérés, à l’exception d’un corps non identifié. En échange, Israël a libéré près de 2 000 prisonniers palestiniens et restitué les corps de centaines de Palestiniens décédés.
Concernant le déploiement d’une force internationale de maintien de la paix, le Hamas se dit ouvert à sa présence le long de la frontière entre Gaza et Israël, mais s’oppose fermement à toute intervention à l’intérieur du territoire palestinien, qu’il considère comme une occupation. « Nous n’avons aucune objection au déploiement de forces internationales ou de forces internationales de stabilisation le long de la frontière, comme la FINUL », a précisé Meshaal, en référence à la force de maintien de la paix de l’ONU déployée au Liban-Sud. « Ils sépareraient Gaza de l’occupation. »
Meshaal a également suggéré que des médiateurs, ainsi que des nations arabes et islamiques, pourraient agir en tant que « garants » de l’absence d’escalade depuis Gaza, soulignant que « le danger vient de l’entité sioniste, pas de Gaza ».
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