Home MondeSheinbaum répond aux menaces d’attaques de Trump

Sheinbaum répond aux menaces d’attaques de Trump

by Clara Dubois

Publié le 11 décembre 2023 18:45:00. Face aux menaces d’une intervention militaire américaine sur son territoire, le Mexique affirme sa souveraineté et réaffirme son accord de coopération en matière de sécurité avec les États-Unis, tout en jugeant les déclarations de Donald Trump excessives.

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a fermement répondu ce mercredi aux propos de Donald Trump, qui n’a pas exclu une action militaire contre le Mexique dans le cadre de sa lutte contre le trafic de drogue. Elle a souligné que de telles mesures seraient inutiles et inacceptables.

« Non, cela n’arrivera pas parce que ce n’est pas nécessaire, premièrement. Deuxièmement, parce que nous sommes un pays souverain et que nous n’accepterons jamais une intervention étrangère ; et troisièmement, parce que nous avons déjà un accord avec les États-Unis sur les questions de sécurité. »

Claudia Sheinbaum, Présidente du Mexique

Lors de sa conférence de presse habituelle, la présidente Sheinbaum a minimisé l’importance des déclarations de l’ancien président américain, estimant qu’il avait ses propres convictions. Elle a cependant insisté sur la volonté du Mexique de maintenir une relation constructive avec les États-Unis, soulignant que, jusqu’à présent, Donald Trump s’était montré respectueux.

« Nous n’avons pas besoin de répondre à chaque déclaration faite par le président Trump. Il a ses idées, nous ne sommes pas d’accord sur beaucoup de choses, mais nous recherchons toujours la meilleure relation entre le Mexique et les États-Unis et jusqu’à présent, il a été très respectueux. »

Claudia Sheinbaum, Présidente du Mexique

Ces réactions font suite aux déclarations de Donald Trump, qui avait évoqué la possibilité d’interventions militaires contre des pays comme la Colombie et le Mexique, en réponse à l’intensification des opérations américaines dans les Caraïbes. Interrogé par Politico sur la possibilité de lancer des attaques contre ces pays, qu’il jugeait particulièrement responsables du trafic de fentanyl vers les États-Unis, Trump avait répondu affirmativement : « Oui, bien sûr. Bien sûr que je le ferais. »

Depuis le mois d’août dernier, les États-Unis ont déployé une importante force militaire au large des côtes du Venezuela, justifiant cette présence par la lutte contre le narcotrafic. Washington a ensuite lancé l’opération « Southern Lance », officiellement destinée à « éliminer les narcoterroristes » et à protéger les États-Unis contre les drogues illicites. Dans le cadre de cette opération, des bombardements de navires soupçonnés de trafic de drogue ont été menés dans les Caraïbes et dans le Pacifique, entraînant la mort de plus de 80 personnes, sans preuves formelles de leur implication dans le trafic.

Washington a également accusé le président vénézuélien Nicolás Maduro de diriger un cartel de la drogue, sans fournir de preuves, et a doublé la récompense offerte pour sa capture. Maduro dénonce une tentative de « changement de régime » visant à s’emparer des ressources pétrolières et gazières du Venezuela. L’ONU et la DEA (Drug Enforcement Administration) soulignent que le Venezuela n’est pas une voie principale pour le trafic de drogue vers les États-Unis, la majorité transitant par le Pacifique (plus de 80 %).

Ces actions américaines ont suscité une condamnation internationale, notamment de la part de la Russie, du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, ainsi que des gouvernements de Colombie, du Mexique et du Brésil. Des experts qualifient les attaques contre les navires de « exécutions sommaires » violant le droit international.

Source : RT News

You may also like

Leave a Comment