Aston Villa traverse une période de doute après un début de saison prometteur. Si le bilan d’Unai Emery à la tête du club reste globalement positif, certains s’interrogent sur sa capacité à relancer une équipe en perte de vitesse.
L’ascension fulgurante d’Aston Villa sous la direction d’Emery, passant d’un club luttant pour son maintien en Premier League en 2022 à un quart-finaliste de la Ligue des Champions moins de deux ans plus tard, a forcément engendré des attentes plus élevées. La pression pour se qualifier pour la Ligue des Champions et la volonté de renforcer l’effectif avec des joueurs de premier plan ont fini par peser sur les épaules des Villans. L’épuisement, tant sur le terrain que dans les tribunes, est devenu palpable.
Les premiers signes de difficultés sont apparus avec un match nul et vierge contre Newcastle et une défaite 1 à 0 face à Brentford. La fin de l’invincibilité de Villa à domicile face à Crystal Palace fin août a sonné l’alarme. Les rumeurs de départ du gardien Emiliano Martinez vers Manchester United ont circulé, mais l’Argentin est finalement resté. Le club a également recruté Jadon Sancho, Harvey Elliott et Victor Lindelof lors du dernier jour du mercato, sans que ces arrivées n’aient pour l’instant eu l’impact escompté.
L’équipe semblait affaiblie dès le début de la saison, après les départs de Marcus Rashford et Marco Asensio (sous forme de prêts) ainsi que la vente de Jacob Ramsey à Newcastle pour 40 millions de livres sterling (environ 47 millions d’euros). Un rafraîchissement de l’effectif était nécessaire, mais les restrictions imposées par le PSR (Profit and Sustainability Rules) ont limité les investissements du club à l’attaquant Evann Guessand et au gardien Marco Bizot.
Malgré ces contraintes, Emery n’a pas remis en question sa philosophie de jeu. Même si Ollie Watkins a eu du mal à trouver le chemin des filets, ne marquant qu’un seul but lors de ses 19 premiers matchs, l’Espagnol est resté fidèle à ses convictions. Le club prévoit cependant de se renforcer en janvier, avec notamment l’arrivée imminente de l’ailier brésilien Alysson en provenance de Gremio.
Emery exerce un contrôle strict sur l’environnement de l’équipe. Le centre d’entraînement de Bodymoor Heath est considéré comme un sanctuaire, où l’accès est limité et où la concentration est de mise. Interrogé en privé sur la nécessité de modifier la tactique ou l’approche de l’équipe, l’Espagnol s’est montré inflexible. Les séances d’entraînement n’ont pas été prolongées et les analyses vidéo détaillées n’ont pas été modifiées.
Décrit comme une force de la nature, doté d’une intensité et d’une ambition que Villa n’avait pas connues auparavant, Emery a réussi à propulser le club vers l’avant. Le niveau de contrôle qu’il exerce à Villa est sans commune mesure avec ce qu’il a connu à Arsenal ou au Paris Saint-Germain. Lors du départ de Monchi, il a eu son mot à dire sur le choix de son successeur, Roberto Olabe, un autre Basque qu’il connaissait de son passage à Almeria. Il s’appuie également sur un staff de confiance, notamment Damian Vidagany, directeur des opérations football.
Son passage à Arsenal, où il a succédé à Arsène Wenger en 2018 et n’a duré que 18 mois, pourrait être un avertissement. Il a peut-être été victime des circonstances après avoir remplacé un entraîneur français emblématique. Avant cela, son contrat initial de deux ans avec le Paris Saint-Germain n’a pas été renouvelé malgré un triplé national. On se demande aujourd’hui jusqu’où Emery aurait pu mener Arsenal s’il avait bénéficié du même soutien que son successeur, Mikel Arteta.
À l’heure actuelle, Villa se situe à trois points de son ancien club, Arsenal, et tente de se qualifier pour la Ligue des Champions pour la deuxième fois en trois saisons, tout en visant une place dans la course au titre – une ambition qu’Emery minimise toutefois. « Je n’y pense pas [au titre] », a-t-il déclaré après la victoire impressionnante face à Arsenal. « Je sais que 38 matchs, c’est très difficile. Nous ne sommes pas des prétendants. »
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