Publié le 11 décembre 2024 à 14h33. Alterner des jours de jeûne et des périodes d’alimentation normale pourrait s’avérer plus efficace pour perdre du poids et améliorer la santé cardiovasculaire qu’un régime hypocalorique traditionnel, selon une nouvelle étude clinique.
- Le jeûne alterné a permis une perte de poids supérieure à celle d’un régime hypocalorique classique, avec une perte de graisse plus importante et une baisse significative de la tension artérielle.
- Le régime cétogène, très riche en protéines et pauvre en glucides, s’est révélé le plus efficace en termes de perte de poids globale.
- Les chercheurs soulignent l’importance d’une surveillance médicale avant d’adopter tout régime restrictif, mais suggèrent que le jeûne intermittent pourrait être une option viable pour certaines personnes.
Une étude clinique menée sur 160 personnes obèses pendant trois mois a révélé que le jeûne alterné (un jour sur deux) permettait de perdre en moyenne 3,14 kg de plus que le régime hypocalorique standard, composé de légumes, de salades et de viandes ou poissons grillés. Les participants suivant le jeûne alterné ont également constaté une réduction plus importante de leur masse grasse et une amélioration de leur tension artérielle.
Publiés dans la revue BMC Medicine, ces travaux suggèrent que des approches alternatives à la restriction calorique conventionnelle pourraient être plus efficaces pour lutter contre l’obésité. L’étude confirme que d’autres régimes, tels que le régime cétogène ou les régimes à fenêtres alimentaires limitées (suppression du petit-déjeuner ou du dîner), peuvent également offrir des résultats supérieurs à court terme.
En réalité, le groupe ayant enregistré la perte de poids la plus importante était celui suivant un régime cétogène, avec une moyenne de 11,9 kg perdus en trois mois, contre 8,4 kg pour ceux qui suivaient un régime méditerranéen hypocalorique. Bien que le régime cétogène ait entraîné une perte de graisse légèrement inférieure à celle observée avec le jeûne alterné, ce dernier a démontré une efficacité supérieure en termes de réduction de la masse grasse, suivi de près par le jeûne intermittent consistant à sauter le dîner.
« Le régime à jeun alterné est celui qui a fourni les meilleurs résultats en termes de poids et de graisse, en plus d’une amélioration des taux de glucose et de cholestérol et d’une baisse significative de la tension artérielle. »
Francisco J. Tinahones, endocrinologue, directeur scientifique Plateforme Ibima Bionand
Le Dr Francisco J. Tinahones, endocrinologue et directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale de Malaga (Ibima Plataforma Bionand), souligne qu’il s’agit d’une des premières études comparant directement, dans des conditions contrôlées, l’impact de différents régimes hypocaloriques : le régime classique (un régime hypocalorique équilibré réparti sur trois ou quatre repas par jour), le régime cétogène (riche en protéines et pauvre en glucides), le jeûne intermittent (retarder le premier repas de la journée, sauter le petit-déjeuner), le jeûne intermittent (ne pas dîner) et le jeûne alterné modifié.
Les participants suivant le jeûne alterné suivaient un jour un régime méditerranéen normal (environ 2 000 calories) et, le lendemain, ne consommaient que des infusions et quelques barres protéinées, sans dépasser 200 calories.
Le Dr Tinahones précise que tous les régimes appliqués aux participants étaient contrôlés et excluaient les sucres et les aliments riches en calories, car il s’agissait de personnes obèses ayant besoin de perdre du poids. Il note également que les régimes basés sur certaines modalités de jeûne étaient mieux acceptés et entraînaient moins d’abandons que le régime hypocalorique classique, en particulier le jeûne intermittent consistant à prendre un petit-déjeuner et un déjeuner normaux et à sauter le dîner.
Pour cette raison, il estime que « les médecins ne devraient pas dénigrer le jeûne intermittent comme étant malsain, car il peut être un moyen d’obtenir une perte de poids égale ou supérieure au régime hypocalorique classique, tout en étant plus facile à maintenir selon le mode de vie de certaines personnes ».
La co-chercheuse de l’étude, le Dr Isabel Moreno-Indias, insiste sur « l’importance d’avoir une surveillance médicale et nutritionnelle avant tout changement alimentaire » et sur la nécessité de mener des études supplémentaires pour évaluer la sécurité du maintien de ces interventions diététiques à long terme.
En conclusion, les chercheurs suggèrent qu’il est nécessaire d’élargir la gamme des approches nutritionnelles, en les adaptant aux caractéristiques de chaque patient, sans pour autant abandonner le régime méditerranéen hypocalorique comme stratégie de lutte contre l’obésité.
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