Les marchés des matières premières s’apprêtent à une année 2026 contrastée, marquée par une offre excédentaire de pétrole qui pourrait faire chuter les prix, tandis que l’argent et le platine continuent de bénéficier d’une forte demande industrielle et de tensions sur l’offre.
Le marché pétrolier est confronté à des vents contraires. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) anticipe un surplus de plus de 4 millions de barils par jour en 2026, en raison de la hausse de la production hors OPEP+, notamment aux États-Unis, au Brésil, au Canada et en Guyane. Cette augmentation de l’offre, combinée à un ralentissement de la croissance économique mondiale et à un dollar fort, pourrait entraîner une baisse du prix du baril de pétrole West Texas Intermediate (WTI) jusqu’à 50 $ (voire 45 $), si les niveaux de support techniques ne tiennent pas.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) tente de maîtriser cette situation. Le groupe a réduit sa production d’environ 2,9 millions de barils par jour entre avril et novembre 2025, dans le but de regagner des parts de marché face à la production croissante de schiste américain. Cependant, le manque de discipline de certains membres, comme l’Irak et le Nigeria, a limité l’impact de ces coupes. Fin novembre, l’OPEP+ a confirmé le maintien de ses objectifs de production actuels pour 2026, tout en se réservant la possibilité de nouvelles réductions si les prix venaient à chuter.
À partir de 2026, l’OPEP+ procédera à une évaluation annuelle de la capacité de production de ses membres, dont les résultats seront appliqués en 2027. Cette initiative vise à aligner plus précisément les quotas de production sur les capacités réelles de chaque pays, une question qui a longtemps miné la crédibilité des accords de l’organisation. La sortie de l’Angola de l’OPEP en 2024, en raison de désaccords sur les quotas, illustre la sensibilité de ce sujet.
Parallèlement, l’argent a connu une performance exceptionnelle en 2025, avec une hausse de plus de 110 % qui l’a porté à environ 62 $ l’once, son plus fort gain depuis plus d’une décennie. Cette flambée est due à des déficits structurels d’offre, à une demande industrielle soutenue dans les secteurs de l’énergie solaire et des véhicules électriques, et à la faiblesse des stocks. Les investisseurs voient également dans l’argent une alternative à l’or, dont la hausse a été plus modérée.
En 2026, l’argent devrait continuer à bénéficier de ces facteurs, avec un potentiel de hausse vers 65 $ et même 69 $. Le platine a également surperformé l’or en 2025, augmentant de 84 % pour atteindre plus de 1 700 $ l’once, en raison de pénuries d’approvisionnement et d’une forte demande industrielle, notamment de la part des constructeurs automobiles pour les véhicules hybrides.
Le World Platinum Investment Council prévoit un excédent marginal en 2026, mais les tensions sur l’offre persistent, avec des taux de location élevés et un déport important. Les prix pourraient ainsi atteindre 1 900 $ à 2 000 $ si les frictions commerciales se maintiennent.
En conclusion, les marchés des matières premières présentent un tableau contrasté à l’aube de 2026. Si le pétrole est confronté à des défis liés à l’offre et à la demande, l’argent et le platine bénéficient d’une dynamique favorable, même si leur forte hausse en 2025 introduit un risque de volatilité. Les investisseurs devront donc rester vigilants et surveiller attentivement les signaux macroéconomiques et les tendances sectorielles.
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