Publié le 12 décembre 2025 à 19h14. L’actrice Jane Fonda s’élève contre le projet de fusion entre Netflix et Warner Bros. Discovery, craignant un monopole qui menacerait la diversité artistique et l’emploi dans l’industrie audiovisuelle, alors que l’opération, d’une valeur de 82,7 milliards de dollars, suscite de vives inquiétudes et une contre-offre inattendue.
- L’accord entre Netflix et Warner Bros. Discovery, estimé à 82,7 milliards de dollars (72 milliards de dollars en numéraire et 10,7 milliards de dollars en actions), pourrait créer un géant du divertissement dominant le marché.
- Jane Fonda, figure emblématique du cinéma, dénonce un risque de monopole étouffant la créativité et préjudiciable aux métiers de l’audiovisuel.
- Une offre concurrente de Paramount Skydance, soutenue par des investisseurs influents, complique le processus d’acquisition.
L’annonce de la fusion entre Netflix et Warner Bros. Discovery a provoqué une onde de choc à Hollywood. L’opération, qui comprend les studios de cinéma et de télévision de Warner, la plateforme HBO Max, des franchises populaires telles que Harry Potter, Game of Thrones et The Big Bang Theory, ainsi que l’unité Warner Bros. Games, marque un tournant majeur dans le paysage médiatique. Elle exclut cependant les chaînes câblées comme CNN, TNT et Discovery, qui avaient été séparées au troisième trimestre 2026 sous le nom de Discovery Global.
L’actrice oscarisée Jane Fonda, 88 ans, s’est élevée avec force contre cette concentration de pouvoir. Elle craint que cet accord ne conduise à un monopole qui nuise à la diversité artistique et aux emplois dans le secteur.
« Hollywood doit donner la priorité aux créateurs et non aux monopoles »
Jane Fonda, actrice
Ses préoccupations rejoignent celles de nombreux producteurs, scénaristes et créateurs qui redoutent la fin de l’âge d’or du cinéma indépendant et de la liberté artistique. L’opération pourrait également entraîner des suppressions d’emplois massives, Warner ayant déjà réduit ses effectifs de plusieurs milliers de personnes en 2024.
Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, a défendu l’accord, affirmant qu’il permettrait de créer « une plateforme qui, à long terme, sera bien meilleure pour raconter des histoires mondiales ». Il a également promis de maintenir les sorties en salles de Warner Bros. jusqu’en 2029 et de continuer à produire pour des tiers.
La bataille pour le contrôle de Warner Bros. Discovery a été acharnée. Netflix a finalement remporté l’enchère face à des concurrents tels que Comcast, Paramount et Skydance, en acceptant de payer des pénalités pouvant atteindre 5,8 milliards de dollars si l’opération échouait en raison d’obstacles réglementaires.
L’accord doit encore être approuvé par la Federal Trade Commission (FTC), l’agence américaine de la concurrence, le ministère de la Justice des États-Unis et l’Union européenne. Netflix prévoit de réaliser des économies de 2 à 3 milliards de dollars grâce à des « synergies technologiques et opérationnelles ».
Un rebondissement inattendu est venu compliquer le processus : Paramount Skydance, dirigée par David Ellison, a lancé une offre publique d’achat hostile (OPA) pour racheter Warner Bros. Discovery, valorisant l’entreprise à 108,4 milliards de dollars, dette incluse. Derrière Paramount se cachent des investisseurs de poids, dont le fonds de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, ainsi que des fonds souverains d’Arabie saoudite, d’Abou Dhabi et du Qatar.
Les actions de Warner Bros. ont bondi de 20 % après l’annonce de l’accord, tandis que celles de Netflix ont chuté de 5 %, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant aux éventuelles objections des autorités de régulation. Les analystes décrivent cette situation comme un « changement de direction » pour Hollywood, mais de nombreux producteurs indépendants ont signé des lettres ouvertes dénonçant un « contrôle monopolistique » et ses conséquences néfastes sur la diversité des contenus.
L’impact de cette fusion se fait déjà sentir. En Espagne, par exemple, on s’inquiète d’une possible réduction des investissements dans les productions européennes. La promesse de Netflix de maintenir les sorties en salles de cinéma apporte un certain soulagement, mais beaucoup craignent que cette politique ne soit que temporaire, la tendance étant au raccourcissement des délais entre la sortie en salle et la diffusion en streaming, ce qui a déjà entraîné une baisse du box-office mondial.
L’industrie créative attend désormais avec impatience la décision des autorités de régulation, qui pourrait redéfinir à jamais le paysage audiovisuel mondial.
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