Publié le 12 décembre 2025 à 17h53. L’émergence d’une nouvelle variante du virus H3N2, baptisée K, inquiète les autorités sanitaires péruviennes, qui renforcent la surveillance épidémiologique face à une possible saturation des hôpitaux, à l’image de ce qui se produit déjà en Europe et aux États-Unis.
- Une nouvelle variante du virus H3N2, nommée K, se propage en Europe et aux États-Unis.
- Les autorités péruviennes intensifient la surveillance épidémiologique et recommandent la vaccination, en particulier pour les populations vulnérables.
- Le vaccin antigrippal actuel offre une protection partielle contre cette nouvelle souche en raison de mutations significatives.
Face à la propagation de la variante K du virus H3N2, le ministère de la Santé péruvien (Minsa) a mis en place une surveillance renforcée afin d’anticiper une éventuelle pression sur le système hospitalier. Cette décision intervient alors que des pays d’Europe et d’Amérique du Nord sont confrontés à une augmentation des cas et à une saturation des établissements de santé.
Selon le docteur Oscar Malpartida Tabuchi, spécialiste des maladies infectieuses à la clinique Anglo American, le virus de la grippe H3N2 est en constante mutation.
« Les cas que nous observons dans d’autres pays sont dus à une nouvelle variante contre laquelle nous n’avons aucune défense immunitaire préexistante. »
Oscar Malpartida Tabuchi, spécialiste des maladies infectieuses
Cette variante K se caractérise par de multiples mutations au niveau de la protéine d’hémagglutinine, ce qui accroît sa capacité de contagion et réduit l’efficacité des vaccins actuels.
Bien qu’il n’ait pas été prouvé que cette variante provoque une maladie plus grave que les autres souches, l’augmentation des hospitalisations est préoccupante. Les symptômes associés à cette nouvelle souche incluent fatigue, douleurs musculaires, forte fièvre, toux sèche et troubles digestifs. La circulation simultanée d’autres virus respiratoires, tels que le virus respiratoire syncytial (VRS) et le SARS-CoV-2, complique le diagnostic.
Le spécialiste de la santé publique Marco Almeri a souligné que le vaccin antigrippal actuellement disponible au Pérou a été conçu avant l’émergence de la sous-variante K.
« Ce n’est pas une variante qui est protégée de manière optimale par le vaccin que nous utilisons chaque année. »
Marco Almeri, spécialiste de la santé publique
Il a précisé que le vaccin prévu pour la campagne de 2025-2026 n’offrira qu’une protection partielle, car les mutations modifient la réponse immunitaire attendue.
Le Minsa recommande vivement de maintenir les efforts de vaccination, en particulier auprès des groupes vulnérables : les personnes de plus de 60 ans, les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques telles que l’hypertension, le diabète, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou l’asthme. Ces groupes présentent le taux d’hospitalisation et de mortalité le plus élevé en Europe.
Selon le Minsa, « les vaccins actuels continuent de protéger contre l’hospitalisation et les formes graves de la maladie, et sont essentiels pour les populations vulnérables ». Les vaccins sont disponibles dans tous les centres de santé du pays. Cependant, des utilisateurs du Système d’information sanitaire (SIS) signalent des pénuries de doses dans certains établissements et un manque de priorité accordée à la vaccination des groupes à risque, malgré les recommandations internationales.
Pour vérifier la disponibilité des vaccins dans un centre de santé à proximité, il est conseillé de s’y rendre directement, d’envoyer un message WhatsApp au +51 952 842 623 ou d’appeler le 113 pour obtenir des informations actualisées.
Une quatrième journée nationale de vaccination est prévue du 15 au 21 décembre, afin de renforcer la couverture vaccinale contre la grippe, la coqueluche et d’autres maladies incluses dans le calendrier national de vaccination.
Les spécialistes soulignent qu’il est difficile de différencier la variante K des autres infections respiratoires. Un diagnostic précis nécessite des tests spécifiques, disponibles uniquement au Ministère de la Santé et à l’Institut National de la Santé.
Le docteur Malpartida Tabuchi a toutefois rassuré sur l’utilité des vaccins actuels :
« Le vaccin protège toujours, notamment contre les formes graves et les hospitalisations. La vaccination saisonnière, qui débutera entre mars et avril, inclura probablement déjà une certaine souche de la variante K. »
Oscar Malpartida Tabuchi, spécialiste des maladies infectieuses
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