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Comment les médias sociaux peuvent avoir un impact sur la santé mentale d’un enfant alors que l’Australie adopte une interdiction

L'Australie vient de prendre une mesure sans précédent pour protéger ses jeunes : une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Cette loi, qui pourrait coûter cher aux géants du numérique, vise à limiter l'exposition…

Comment les médias sociaux peuvent avoir un impact sur la santé mentale d’un enfant alors que l’Australie adopte une interdiction

L’Australie vient de prendre une mesure sans précédent pour protéger ses jeunes : une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Cette loi, qui pourrait coûter cher aux géants du numérique, vise à limiter l’exposition des adolescents à des contenus potentiellement nocifs et à réduire le temps passé devant les écrans.

Selon une étude gouvernementale, 96 % des enfants australiens âgés de 10 à 15 ans utilisent déjà les réseaux sociaux, et sept jeunes sur dix y sont confrontés à des contenus préjudiciables, allant de l’apologie de la violence à la promotion de troubles alimentaires ou de pensées suicidaires.

« C’est un jour important où les familles australiennes reprennent le contrôle face à ces grandes entreprises technologiques », a déclaré le Premier ministre Anthony Albanese à la Australian Broadcasting Corp. mercredi. « Il s’agit d’affirmer le droit des enfants à être enfants et celui des parents à avoir l’esprit tranquille. »

La nouvelle réglementation concerne les plateformes les plus populaires auprès des jeunes : Facebook, Instagram, Snapchat, Threads, TikTok, X (anciennement Twitter), YouTube, Reddit, ainsi que les plateformes de streaming Kick et Twitch. Les entreprises devront prendre des « mesures raisonnables » pour vérifier l’âge de leurs utilisateurs et exclure les mineurs, sous peine d’amendes potentiellement très élevées.

Cette initiative australienne suscite un intérêt mondial, alors que les inquiétudes concernant l’impact des réseaux sociaux sur la santé et la sécurité des jeunes grandissent. Plusieurs études mettent en évidence les risques liés à une utilisation excessive de ces plateformes.

Une étude américaine de 2019 a révélé que les adolescents passant plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux présentaient un risque accru de problèmes de santé mentale, notamment de dépression et d’anxiété. D’autres recherches ont montré un lien entre l’utilisation des réseaux sociaux et le développement de troubles du comportement alimentaire, en particulier chez les filles.

Les conséquences peuvent être graves : l’automutilation et les comportements suicidaires sont également associés à une exposition prolongée aux réseaux sociaux. Une étude a révélé que près de 15 % des jeunes admis à l’hôpital en raison d’une crise psychologique avaient consulté des sites encourageant le suicide dans les deux semaines précédant leur admission.

L’influence des réseaux sociaux s’étend également aux comportements à risque. Les adolescents exposés à des contenus faisant l’apologie de la consommation d’alcool, de drogues ou de cascades dangereuses sont plus susceptibles d’adopter ces comportements.

La santé physique est également concernée. Une étude récente a montré que les enfants recevant un téléphone portable avant l’âge de 12 ans sont plus susceptibles de souffrir d’obésité et de troubles du sommeil. Par ailleurs, plus de 80 % des enfants âgés de 11 à 17 ans ne pratiquent pas l’activité physique quotidienne recommandée, en partie à cause du temps passé devant les écrans.

Le sommeil est particulièrement affecté : 93 % de la génération Z admettent rester éveillés après l’heure du coucher pour consulter les réseaux sociaux. Les gros utilisateurs d’écrans sont trois fois plus susceptibles de souffrir de troubles du sommeil.

Ces effets peuvent avoir un impact négatif sur les performances scolaires. Une étude publiée en octobre a révélé que les enfants passant plus de temps sur les réseaux sociaux obtenaient de moins bons résultats aux tests de lecture, de vocabulaire et de mémoire. Une utilisation intensive des réseaux sociaux est également associée à une diminution de la capacité d’attention et de concentration.

Le Premier ministre Albanese a reconnu que la mise en œuvre de cette interdiction serait complexe et « imparfaite ». Néanmoins, il s’agit d’une étape importante pour protéger la jeunesse australienne.

Les inquiétudes sont telles qu’aux États-Unis, le Surgeon General a appelé à l’ajout d’étiquettes d’avertissement sur les réseaux sociaux, similaires à celles que l’on trouve sur les paquets de cigarettes. « Il est temps d’exiger une étiquette d’avertissement du chirurgien général sur les plateformes de médias sociaux, indiquant que les médias sociaux sont associés à des dommages importants à la santé mentale des adolescents », a écrit le Dr Vivek Murthy dans un article d’opinion publié dans le New York Times.

Cependant, il existe aussi des aspects positifs. Des études montrent qu’une réduction de 50 % de l’utilisation des réseaux sociaux peut améliorer l’estime de soi, réduire les symptômes dépressifs (de 25 %), l’anxiété (de 16 %) et l’insomnie (de 15 %). Une semaine de « désintoxication » numérique peut également diminuer le temps d’écran moyen d’environ 30 minutes.

De plus en plus d’adolescents reconnaissent eux-mêmes les effets négatifs des réseaux sociaux. Une enquête récente a révélé que près de la moitié des adolescents américains âgés de 13 à 17 ans pensent que les réseaux sociaux ont un impact « principalement négatif » sur les personnes de leur âge, contre 32 % en 2022.

« L’utilisation excessive des médias sociaux dans notre société semble être la principale cause de dépression chez les enfants de mon groupe d’âge », a déclaré un adolescent interrogé. « Les gens semblent se laisser influencer par les opinions de personnes qu’ils ne connaissent pas, et cela bouleverse leur humeur. »

Il est important de souligner que les réseaux sociaux ne sont pas intrinsèquement mauvais. Lorsqu’ils sont utilisés de manière responsable, ils peuvent aider les jeunes à trouver une communauté, à nouer des amitiés et à se connecter avec d’autres personnes partageant leurs intérêts. Ils offrent également une plateforme d’expression, de soutien et d’échange.

En effet, une enquête a montré que 74 % des adolescents estiment que les réseaux sociaux les aident à se sentir plus connectés à leurs amis, et 63 % y voient un espace pour exprimer leur créativité.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.